PubGazetteHaiti202005

Informations scientifiques préliminaires de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) sur le séisme du 14 août

@IRD

L'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de France a communiqué ce lundi 16 août les premiers enseignements relatifs au séisme de magnitude 7.2 qui a frappé Haïti samedi 14 août. Ce séisme a été enregistré par le réseau sismologique citoyen “ayiti-séismes” et selon l'IRD, ces résultats d’enregistrement ont permis une première analyse par les chercheurs du Laboratoire Mixte International CARIBACT qui ont finalement localisé l’épicentre dans le département des Nippes.
 
« Les données actuellement disponibles , selon LMI CARIBACT, indiquent que l’épicentre du choc principal se trouve dans la province des Nippes, dans le sud du pays, à environ 10 km à l’est de Baradères et 20 km au sud-ouest d’Anse à Veau. 
 
Pour les chercheurs du LMI CARIBACT, l’épicentre du séisme du 14 août 2021 a eu lieu dans une région particulièrement sismique de la presqu’Ile du Sud d’Haïti.
 
Suivant leur rappel historique, la région d’Anse à Veau fut en effet touchée le 8 avril 1860 par un séisme fortement ressenti, puis le 27 octobre 1952 par un autre séisme qui provoqua la mort d’au moins six personnes et des dégâts matériels importants. Ce dernier fut suivi d’une réplique le 25 janvier 1953, de magnitude 5.7. Cette même région fut également le lieu d’une crise sismique de moindre importance en septembre et octobre 2015. Cependant, expliquent-ils, il est possible que le séisme du 14 août soit parti de la faille de la Presqu’Ile du Sud (aussi dénommée “Enriquillo - Plantain Garden”).
 
En conséquence, le LMI CARIBACT annonce le lancement immédiatement des études de terrain pour déterminer et comprendre l’origine du séisme et suivre son évolution, avec un premier envoi de sismomètres et de stations GPS dans la zone épicentrale. Les données ainsi collectées selon ces chercheurs, permettront aussi de comprendre l’évolution de la séquence de répliques en cours. Les études continueront pendant plusieurs semaines, précisant le niveau de menace sismique dans cette région et son évolution au cours du temps et permettant d'informer les décideurs sur les mesures préventives parasismiques à mettre en œuvre pour sécuriser les biens et les populations.
 
Pour le moment, précise LMI CARIBACT, les informations scientifiques préliminaires obtenues indiquent  qu’il s’agit d’un séisme de type "superficiel", probablement localisé dans les premiers 10 km de l’écorce terrestre avec un mécanisme qui combine raccourcissement nord-sud et décrochement semestre est-ouest, similaire à celui de 2010. Le choc sismique principal continue d’être suivi par des répliques, dont certaines ont atteint une telle magnitude qu’elles peuvent malheureusement causer des dégâts supplémentaires, ont-ils fait remarquer 
 
Cette séquence sismique peut être suivie en temps réel sur https://ayiti.unice.fr/ayiti-seismes/ grâce aux stations sismologiques citoyennes ayiti-séismes. Développé dans le cadre du projet S2RHAI (https://ayiti.unice.fr/sismo-ayiti/ ) le réseau sismologique citoyen “ayiti-séismes” bénéficie d’un financement du programme “Risques Naturels” du CNRS et de l’IRD, avec des contributions de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti, du Bureau des Mines et de l’Énergie d’Haïti, de l’Université et Observatoire Côte d’Azur, du Centre Sismologique Euro-Méditerranéen, de l’École normale supérieure et du projet Interreg Caraïbes PREST.
 
 
Notons que  le Laboratoire Mixte International CARIBACT, financé par l’IRD, est un partenariat entre le laboratoire URGéo de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti et le laboratoire français Géoazur (Université et Observatoire Côte d’Azur, CNRS, IRD).
 

 

 

 

Par: Fenel Pélissier

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