PubGazetteHaiti202005

Le Collectif Défenseur Plus présente un rapport sur la violation des droits humains en Haïti pendant les sept mois de l'année 2021

Credit photo: Dieugo ANDRE

Le Collectif Défenseur Plus dit constater une violation continue des droits des Haïtiens, lors de la présentation d'un rapport sur la situation des droits humains, le vendredi 13 août 2021. L'organisme a fait diverses recommandations, exigeant que l'État prenne ses responsabilités pour protéger et garantir les droit les plus fondamentaux des citoyens haïtiens.

Selon le rapport, au cours des 7 premiers mois (janvier-juillet) de l'année 2021, les droits civils et politiques ainsi que les droits économiques et sociales de la population haïtienne ont été constamment violés.

« De janvier à juillet, les pertes en vie humaine ont été catastrophiques, les enlèvements ont eu lieu sur tout le territoire, les viols ont été perpétrés sans craintes, et les vols à main armée ont augmenté. Alors que tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sureté de sa personne conformément au droit international des droits de l'homme », indique Chaïna Étienne, responsable assistance légale, soulignant « l'affrontement des gangs qui mettent en danger la vie des citoyens, ce qui constitue une violation des droits à la sécurité ».

Le Collectif rappelle plus loin que le droit à la vie ne peut être total quand plusieurs autres droits sont bafoués. Selon le Collectif, « l'article 6 du pacte international relatif aux droits civils et politiques exige aux États de garantir et de protéger le droit à la vie des citoyens, alors qu'en Haïti c'est la banalisation de la vie ».

« Durant ces septs mois de l'année 2021, plus de 1000 cas d'assassinats ont été commis par arme à feu, arme blanche, ou autres formes d'assassinats par incendie, lynchage et lapidation, révèle Défenseur Plus. Nous comptabilisons 143 cas d'homicides par mois et plus de 4 cas par jour », rapporte Chaïna Étienne pour qui  le kidnapping représente également une violation des droits de la population.

« 50 cas de kidnapping en janvier, 65 en février, 27 en mars pour le premier trimestre de l'année 2021; 91 en avril, 49 cas pendant les 15 jours de la gouvernance du PM Claude Joseph », indique Mme Étienne qui parle également de la violation de la liberté de manifester pacifiquement de la population.

Quant aux droits économiques, sociaux et culturels, la responsable de la communication, Samendina Lumane Jean évoque la violation du droit à l'éducation des enfants du pays. « L'année scolaire a débuté sur fond de crise, déclare la responsable. Plus de 70% des institutions des centres urbains ont dû fermer leurs portes, car l'insécurité, les affrontements des gangs armés, les massacres crapuleux ont paralysé le déroulement des jours de classe, et l'État reste passif », explique Lumane Jean.

Le droit à la santé, des enfants, accès aux services publics et droit des personnes handicapées, selon le Collectif Défenseur Plus, se détériorent au quotidien. « Des hommes, des femmes se sont déplacés à carrefour à cause des affrontements entre les gangs; des personnes à mobilité réduite ne sont pas épargnées par des actes de banditisme; la situation des droits des femmes et filles devient de jour en jour catastrophique », a fait savoir Defenseur Plus.

Le rapport a également fait mention « du droit des migrants que les consulats doivent protéger, du droit de l'environnement qui subit une dégradation dont les conditions ne sont pas améliorées pour l'année 2021 », déclare le co-directeur du collectif défenseur Plus, Antonal Mortimé.

« Concevoir une politique de sécurité en vue de protéger la vie et les biens de toutes les personnes sur le territoire national; créer une synergie pour assurer la protection du personnel enseignant, des élèves, des étudiants et d’autres personnes concernées;  remettre sur pied les programmes d'assistance sociale par le biais du MAST et FAES pour les couches les plus vulnérables; assurer l'action visant à protéger les enfants qui sont dans les camps d'hébergement temporaire et à leur fournir de ma nourriture et des services de santé, d'éducation et de logement », telles sont certaines recommandations parmi celles proposées par le Collectif, présentées par Antonal Mortimé.

 

 

 

Par: Juhakenson Blaise

Politique

Culture

Economie

Sport