PubGazetteHaiti202005

Le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État américain qualifie certains responsables politiques haïtiens de « criminels » liés aux gangs

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À 16 jours du 7 février, date qui marque la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la situation politique en Haïti s’envenime. Dans un tweet publié le jeudi 22 janvier 2026, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État américain a dénoncé certains responsables politiques haïtiens, qu’il assimile à « des criminels au même titre que les gangs » qui terrorisent la population, pointant du doigt ainsi leur rôle dans l’instabilité chronique du pays.


Selon la diplomatie américaine, l’instabilité chronique que connaît Haï ne sauraient être expliquées par une prétendue faiblesse du peuple haïtien, de sa culture ou de sa constitution. Elle résulte, selon Washington, du choix de politiciens haïtiens corrompus qui instrumentalisent la violence pour consolider ou négocier sa position dans l’appareil d’État.

Dans son tweet, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental affirme que ces hommes politiques utilisent délibérément des groupes armés pour instaurer un climat de peur dans les rues, avant de se présenter comme des interlocuteurs incontournables capables de « ramener le calme ». Une stratégie jugée cynique, qui permettrait à ces acteurs de se maintenir au centre du jeu politique tout en affaiblissant durablement l’autorité de l’État.

Pour les autorités américaines, la stabilité véritable ne pourra émerger qu’à partir d’un changement profond dans la manière d’accéder au pouvoir. Elles estiment que les dirigeants haïtiens doivent tirer leur légitimité du soutien populaire exprimé dans les urnes, et non de leur capacité à semer le désordre ou à manipuler la peur collective.

Le message est encore plus sévère à l’égard de certains membres du Conseil présidentiel de transition. Sans les nommer directement, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental considère que ceux qui auraient suivi cette logique de collusion avec des acteurs violents ne peuvent être qualifiés de patriotes.

 « Les membres du CPT qui ont emprunté cette voie ne sont pas des patriotes haïtiens. Ce sont des criminels, à l'instar des gangs avec lesquels ils complotent », écrit le bureau des affaires l’hémisphère occidental. 

Des tensions internes agitent actuellement le sommet de l’exécutif à 16 jours du 7 février, date scellant la fin du mandat du CPT. Certains membres du Conseil présidentiel dont Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire et Fritz Jean ont signé une résolution pour révoquer le premier ministre Alix Didier Fils Aimé. Une perspective qui alimente les inquiétudes, alors que le pays fait déjà face à une paralysie institutionnelle, à l’insécurité généralisée et à une crise humanitaire profonde.

Cette tentative de certains membres du Conseil Présidentiel de Transition est pour l’instant très mal accueillie par l'international, particulièrement les États-Unis qui se sont passés de toute réserve diplomatique.

Dans une note publiée par l’ambassade américaine en Haïti sur les réseaux sociaux, on peut lire que « Les États-Unis considéreraient que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice, favorable aux gangs, agirait à l’encontre des intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien, et prendront les mesures qui s’imposent en conséquence ». 

L’Union européenne et le Canada ont abondé dans le même sens en s’opposant au renvoi du chef du gouvernement à quelques jours de la fin du mandat du CPT.

 

Arnold Junior Pierre

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