L’Office national de la migration (ONM) a lancé, lundi 21 juillet 2025, le processus de relocalisation des personnes déplacées internes vivant à Port-au-Prince, dans le cadre de la 18e édition des « Mardis de la Nation ». Cette initiative marque la fermeture d'un camp qui loge les personnes déplacées internes de Carrefour-Feuilles, installé dans les locaux de la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti située à l'avenir Lamartinière zone Bois Verna. Ce site devient ainsi le premier camp entièrement libéré, selon le Directeur de l’Office national de la migration (ONM) Jean Négot Bonheur Delva. Ce qui représente une étape dans les efforts de réhabilitation des espaces publics et de gestion de la crise humanitaire qui sévit dans la capitale.
Le directeur général de l’Office national de la migration (ONM), Jean Négot Bonheur Delva fait savoir que cette initiative vise à relocaliser des centaines de familles vivant dans des conditions précaires, souvent dans des établissements publics détournés de leur vocation première. « Les PDI sont désormais vidé de leurs occupants », a affirmé M. Delva, précisant que cette opération s’inscrit dans un processus plus large de réappropriation des espaces de l'institution étatique et privé, comme les écoles, universités.
De plus, parmi les 340 familles qui vivaient dans ce camp, 302 ont déjà reçu un chèque d’un montant de 99 000 gourdes, destiné à faciliter leur relogement. Cette somme, versée dans le cadre du programme d’appui social mis en place par l’ONM, représente une tentative d’incitation au départ volontaire et digne.
Dans la 18e édition des Mardis de la Nation, le directeur général de l’ONM indique que 38 familles restantes, dont les dossiers sont encore en traitement, ont été temporairement transférées au lycée Anténor Firmin. « Nous avons pris des dispositions pour qu’aucune famille ne soit abandonnée », a précisé le responsable, assurant que tous les bénéficiaires recevront l’aide promise.
Cette relocalisation permet également la restitution des locaux de la Faculté de linguistique appliquée au Rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Logeant les PDI depuis plusieurs plus 2 ans, cette institution universitaire ne pouvait plus fonctionner normalement, ses bâtiments étant occupés par des familles déplacées.
« L’objectif est clair : permettre à la faculté de reprendre ses activités académiques dans un environnement sécurisé et fonctionnel », a souligné Jean Négot Bonheur Delva. Le retour à la normale des institutions publiques, notamment universitaires, constitue un enjeu majeur dans un contexte où l’éducation supérieure souffre d’un déficit d’espace et de ressources.
Cette première étape, bien qu’encourageante, ne saurait occulter l’ampleur du défi. Des milliers de familles vivent encore dans des camps improvisés à travers la capitale, fuyant l’insécurité ou la misère dans leurs quartiers d’origine. La relocalisation de Carrefour-Feuilles n’est qu’un début.
« Nous sommes conscients que la crise est profonde et qu’il faudra des efforts soutenus, mais ce geste marque notre détermination à agir », a conclu le directeur de l’ONM.
Les personnes déplacées internes (PDI), vivant dans divers camps à Port-au-Prince, y ont passé plus de deux ans dans des conditions précaires. Aujourd’hui, même relocalisées, elles se retrouvent bien souvent livrées à elles-mêmes, sans véritable accompagnement durable ni environnement stable, ce qui remet en question l’efficacité à long terme des mesures prises.
Arnold Junior Pierre
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