À la tête d’une forte délégation, le conseiller président Frinel Joseph devrait effectuer une tournée dans plusieurs pays dans le cadre de la présentation de l'avant-projet de constitution à la communauté haïtienne vivant aux USA, au Canada, au Chili et au Brésil. Dans une lettre adressée au président du conseil présidentiel de transition ( CPT) Fritz Alphonse Jean, le réseau de défense des droits humains ( RNDDH) crie au scandale.
Une grosse délégation dirigée par Frinel Joseph membre observateur du Conseil présidentiel qui doit quitter le pays le 21 julllet prochain, crée déjà la polémique.
Avant même l’entame de cette tournée, le Réseau National de Défense des Droits Humains ( RNDDH) crie au scandale et interpelle le coordonnateur du Conseil présidentiel de transition Fritz Alphonse Jean sur ce dossier.
Dans une correspondance adressée au représentant de l’accord du Montana au CPT, le RNDDH s’insurge « contre la poursuite de gaspillage des fonds publics par cette équipe gouvernementale notamment à travers cette délégation, composée de vingt personnes, dont onze hommes et neuf femmes ».
« La durée de voyage s’étend sur une période de 10 jours. La délégation devrait laisser Haïti le 21 juillet 2025 pour revenir le 4 août 2025, lit-on dans la lettre du RNDDH.
Plus loin, l’organisme de défense des droits humains dénonce la présence de Frinel Joseph, « membre non votant qui dirige cette délégation et qui doit visiter quatre pays durant ces 10 jours aux frais de la République, dans l’objectif de promouvoir l’avant-projet de la nouvelle Constitution. »
Parmi les 20 membres de cette délégation, on retrouve notamment Régine Abraham, membre également observateur du CPT au même titre que Frinel Joseph, le président du Comité de pilotage, ex premier ministre Enex Jean-Charles et son épouse, selon la lettre du RNDDH.
« Ainsi sans gêne aucune, le CPT a décidé de débloquer des montants exorbitants en vue d'envoyer en villégiature vingt (20) personnes, aux frais de l'État issus du basket funds, qui est géré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et qui compte des fonds pour les élections et pour le référendum», critique sévèrement le réseau national de défense des droits humains.
« Au lieu que les dirigeants de l’État prennent des dispositions idoines pour venir en aide à des centaines milliers de déplacés internes, coincés dans des sites d’accueil dans des conditions inhumaines, ils préfèrent de dépenser les maigres ressources du pays dans un processus référendaire dont le contenu est déjà l’objet de critiques acerbes », s’indignent Pierre Espérance et Rosy Auguste Ducéna, signataires de cette correspondance.
Le RNDDH exhorte le CPT à adopter « des mesures nécessaires afin d'arrêter immédiatement cet énième scandale de gaspillage des fonds publics ». L'organisation recommande aussi que tous les secteurs de la société soient consultés sur l'avant-projet de Constitution, tel que prévu par l'accord politique du 3 avril 2024 et tel que promis par le CPT, aux organisations de la société.
Par Léon Kersivil
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