La canadienne d’origine haïtienne Marjorie Michel a été élue députée dans la circonscription de Papineau à Montréal ce lundi 28 avril 2025 sous la bannière du parti libéral. Elle succède à Justin Trudeau.
Montréal demeurera libéral en forte majorité, les troupes du premier ministre élu Mark Carney étant parvenues à conserver leurs forteresses. Les néo-démocrates sauvent les meubles et les bloquistes perdent une circonscription ravie au gouvernement Trudeau l’an dernier.
En effet, 16 circonscriptions étaient en voie d’être libérales dans la métropole québécoise en fin de soirée, soit une de plus qu’avant le scrutin.
Après les départs de plusieurs ténors du parti, de nouveaux visages s’amèneront à Montréal, à commencer par l’ex-cheffe de cabinet adjointe de Justin Trudeau, Marjorie Michel. Elle est été élue députée dans la circonscription de Papineau.
Elle a été aussi cheffe de cabinet de Jean-Yves Duclos, alors qu’il était ministre de la Famille. Sa carrière politique a débuté en 2008 sur la scène provinciale comme conseillère politique.
Plus dans l’ouest de l’île, l’ingénieur et ancien PDG d’IBM Canada Claude Guay redonne aux libéraux leur siège dans LaSalle–Émard–Verdun. Le candidat bloquiste qui avait ravi la circonscription lors d’une élection partielle en 2024, le gestionnaire et spécialiste en communication Louis-Philippe Sauvé, a été vaincu.
Dans Hochelaga–Rosemont-Est, l’animatrice radio Gabrielle Ménard prend la relève de Soraya Martinez Ferrada, qui s’est lancée dans la course à la mairie en février et qui représentait les libéraux depuis 2019. Hochelaga–Rosemont-Est a été créée en 2022 dans la foulée d’un redécoupage et s’appelait auparavant Hochelaga.
Non loin de là, dans Honoré-Mercier, le directeur général de la Fondation Familiale Trottier, Éric St-Pierre, sera le successeur de l’ex-ministre d’expérience et ancien lieutenant politique de Justin Trudeau Pablo Rodriguez. Ce dernier brigue actuellement la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).
Dans Bourassa, le conseiller municipal dans Montréal-Nord Abdelhaq Sari a gagné son pari en l’emportant pour les libéraux, suivant ainsi les traces d’Emmanuel Dubourg, qui représentait la circonscription montréalaise depuis une dizaine d’années.
Boulerice survit, le Bloc perd un siège
Le seul élu néo-démocrate québécois, Alexandre Boulerice, élu pour la première fois en 2011 dans la foulée de la « vague orange », conserve son siège. Il est depuis 2019 le chef adjoint du NPD, étant le seul député néo-démocrate au Québec depuis cette période.
Idem pour le bloquiste Mario Beaulieu, dans La Pointe-de-l’Île. Ce vétéran redevient le seul député bloquiste élu sur l’île de Montréal, avec la défaite de Louis-Philippe Sauvé. Politicien chevronné, M. Beaulieu a déjà été chef du parti à deux reprises, entre 2014 et 2015, puis entre 2018 et 2019.
Dans Mont-Royal, la lutte a été chaude entre l’avocat Neil Oberman, candidat des conservateurs, et le député libéral sortant Anthony Housefather : ce dernier l’a finalement emporté. M. Oberman s’était fait connaître pour ses actions en justice afin de restreindre les campements propalestiniens sur les campus.
Son élection aurait marqué une première en 37 ans : la dernière fois que le Parti conservateur du Canada a fait élire un député dans la métropole remonte à 1988. Il s’agissait de Gerry Weiner, qui a représenté Dollard, puis Pierrefonds-Dollard, de 1984 à 1993, sous le gouvernement de Brian Mulroney.
L’ex-premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau a été le député de Mont-Royal pendant tout près de 20 ans. M. Housefather, lui, la représente depuis 2015.
Pedneault ne sera pas député
Ailleurs sur l’île, la plupart des députés libéraux déjà en poste ont conservé leur siège, dont les ex-ministres Mélanie Joly, Marc Miller, Steven Guilbeault et Rachel Bendayan. Cette dernière a gardé le château fort d’Outremont, où le cochef du Parti vert, Jonathan Pedneault, n’a jamais vraiment été dans le coup.
Ex-journaliste et travailleur humanitaire, M. Pedneault avait fait les manchettes durant la campagne en dénonçant une décision « antidémocratique » de la Commission des débats des chefs. Celle-ci l’a exclu des joutes oratoires parce que son parti n’avait pas de candidats dans au moins 90 % des circonscriptions.
Portée au pouvoir pour la première fois en 2019, Mme Bendayan a quant à elle été ministre des Langues officielles en 2024, jusqu’à ce que Mark Carney forme son « cabinet de guerre », où elle a été nommée ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.
On ignore encore quels députés montréalais obtiendront ou conserveront un poste de ministre. La plupart d’entre eux sont demeurés prudents en répondant aux questions des médias à ce sujet, lundi soir, soulignant simplement qu’il reviendra à Mark Carney de choisir.
Marjorie Michel est la fille de Smarck Michel, ancien Premier ministre d’Haïti (1994-1995). Elle est ancienne élève du collège Sainte-Rose de Lima à Port-au-Prince et incarne un parcours inspirant, combinant expertise, engagement et résilience.
Avec La Presse
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