Face à la flambée de l’insécurité dans la capitale haïtienne, le parti politique "Viv Ayiti" a déposé, ce lundi 28 avril 2025, deux plaintes au parquet de Port-au-Prince contre le directeur général a.i de la Police nationale d’Haïti (PNH), Normil Rameau et le lanceur d’alerte John Colem Morvan. Cette initiative vise, selon ses responsables, à dénoncer la passivité des autorités face aux souffrances de la population.
Introduite par l’avocat Me Armel Rémy, la première plainte vise directement Normil Rameau, accusé de « non-assistance à personne en danger » dans un contexte de dégradation alarmante de la situation sécuritaire. « Normil Rameau a failli à sa mission de protéger les citoyens », a déclaré Me Rémy devant les journalistes, à la cour du parquet de Port-au-Prince. Selon l’avocat, le Directeur général a.i de la PNH n'a pas su agir face à la multiplication des actes de violence et d’assassinats dans la capitale, exposant ainsi la population à des dangers graves sans intervention adéquate.
La seconde plainte, également déposée par Me Rémy, cible John Colem Morvan, accusé d’avoir « faussement déclaré que deux militants de "Viv Ayiti", Biron Odige et Timothée Romy, détenaient des armes lourdes issues de la PNH ». « La loi est claire : toute personne injustement accusée peut porter plainte pour diffamation ou dénonciation calomnieuse », a rappelé Me Rémy. Dès que ces propos ont été rendus publics, l'avocat a saisi le commissaire du gouvernement pour prévenir toute tentative de poursuite arbitraire contre les militants. « Nous avons pris toutes les précautions nécessaires, car les accusations de John Morvan ne reposent sur aucun fondement », a-t-il insisté.
Dans la soirée du samedi 26 avril 2025, aux environs de 8 heures du soir, un juge de paix a été dépêché pour effectuer des constatations au domicile de l'un des militants visés. L’opération, particulièrement longue, a duré environ huit heures, a rapporté Me Armel Rémy, soulignant « la gravité des intimidations subies ». Le militant politique Timothée Romy, dénonce une campagne de persécutions : « Depuis que nous avons dénoncé l’insécurité, nous subissons des persécutions », a-t-il confié.
Son camarade Biron Odige, quant à lui, appelle la justice à faire preuve d'impartialité : « Nous demandons simplement que la justice fasse son travail en toute transparence. Nous sommes des citoyens engagés, pas des criminels », a-t-il affirmé. Pour Me Armel Rémy, il est important d’empêcher que la justice soit instrumentalisée contre des acteurs politiques : « Nous sommes dans un État de droit. Toute tentative d'intimidation sera combattue par les voies légales », a-t-il prévenu.
Arnold Junior Pierre
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