Le rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational citée par l’agence de presse Reuters le 13 février a fait des révélations fracassantes sur le fonctionnement des gangs en Haïti. Le rapport évoque des relations entre le secteur privé des affaires et les gangs, le trafic d’organes mais aussi le juteux commerce du kidnapping.
Les gangs en Haïti sont de plus en plus autonomes sur le plan économique, a indiqué l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational, basée à Genève, qui met en lumière sur l’ascension des gangs en Haïti. Selon le rapport, les gangs utilisent les fonds qu’ils ont forcé les entreprises privées à leur verser, les fonds des résidents locaux et des familles de victimes d'enlèvement pour acquérir des munitions, payer les armes à feu et les soldats.
« Les gangs ont connu une évolution radicale, passant d'acteurs plutôt non structurés dépendants des ressources fournies par des secteurs public ou privé aux entrepreneurs violents", a déclaré le rapport cité par l’agence de presse Reuters.
« Ces entités sont aujourd'hui beaucoup plus autonomes sur le plan économique et territorialement puissantes, ce qui les rend moins contrôlables", a poursuivi le rapport qui fait ses révélations après des entretiens anonymes avec des hommes politiques, la police, travailleurs humanitaires et hommes d’affaires.
Toujours, selon le rapport, les entreprises sont forcées de payer des gangs jusqu'à 20 000 $ par semaine ainsi que des pourcentages sur les conteneurs débarqués des navires, aidant parfois à organiser des livraisons d'armes au lieu de paiements en espèces.
Le juteux commerce du kidnapping et péage
Le rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational révèle que les postes de péages établis par les gangs les rapportent beaucoup quotidiennement. D’après le groupe, les gangs arrivent à collecter jusqu'à 8 000 $ par jour. Un montant faramineux qui permet aux gangs de subvenir à leurs besoins.
Le rapport a également déclaré que la soi-disant "industrie" de l'enlèvement pourrait rapporter quelque 25 millions de dollars par an aux gangs, en particulier en tenant compte d'une tendance croissante à l'enlèvement de passagers par bus.
Trafic d’organes
Dans les zones durement touchées de Cite Soleil et Canaan de la capitale, a ajouté le rapport, des corps ont été laissés dans les rues avec des organes manquants, ce qui laisse présager un possible phénomène de trafic d’organes en Haïti.
Le rapport du groupe basé à Genève recommande que la force soutenue par l'ONU donne la priorité à la sécurisation des frontières terrestres et maritimes du pays afin d'empêcher un nouveau stockage d'armes d'assaut, de prendre des mesures pour empêcher les fuites d'informations et le vol d'armes et d'élaborer des stratégies avec les comités de sanctions.
Les sanctions actuelles de l'ONU ont ciblé cinq chefs de gangs, ce qui, selon le rapport, n’a pas eu d’impact conséquent car ces derniers n’ont pas besoin de voyager ou de garder de l'argent à l'étranger parce qu’ils peuvent récupérer des fonds par le biais des rançons.
Crédit photo: Miami Hérald
Par: Daniel Zéphyr avec Miami Herald
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