PubGazetteHaiti202005

Le Kenya n’attendra pas la justice pour déployer ses forces en Haïti, selon un haut responsable

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Le Kenya ne va pas attendre la décision de la justice avant de déployer ses forces en Haïti, selon un haut responsable du gouvernement interrogé par le média américain New York Times. Dans son article publié ce lundi 5 février 2024, New York Times révèle que le Kenya et Haïti travaillent sur un accord de réciprocité qui devrait être finalisé dans deux semaines. 


C’est Abraham Korir Sing'Oei, secrétaire principal du ministère des Affaires étrangères, qui a fait les déclarations au New York Times. Le Kenya veut passer à l’offensive dans les démarches devant aboutir au déploiement de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité en Haïti.

La déclaration de M. Sing'Oei intervient juste une semaine après que la Haute Cour du pays a bloqué le déploiement de 1 000 policiers, affirmant qu'elle ne pourrait aller de l'avant que s'il y avait un "accord de réciprocité" détaillant le cadre dans lequel les forces kenyanes peuvent opérer en Haïti. Une décision à laquelle le Kenya a fait appel.

« Le déploiement ne doit pas attendre la conclusion de cet appel », a précisé le haut responsable qui s’est gardé de donner un calendrier précis pour le départ des officiers pour Haïti.

La décision du Kenya de contourner les tribunaux ouvrirait probablement un autre défi juridique. Cela ouvrirait également une autre porte à la controverse pour M. Ruto, dont le gouvernement fait face à des critiques.


Entre-temps, alors que des tractations sont remarquées dans les démarches devant aboutir au déploiement de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité, Haïti ne cesse de compter les morts.

Dans un rapport publié ce mardi 23 janvier 2024, l’Organisation des Nations Unies a indiqué avoir enregistré près de 5 000 morts en Haïti pour l’année 2023. Selon le rapport, le nombre d’homicides signalés a augmenté de 119,4 % en 2023 par rapport à 2022, 4.789 victimes ayant été déplorées, dont 465 femmes, 93 garçons et 48 filles, soit un ratio de 40,9 homicides pour 100.000 habitants, contre 2.183 en 2022, soit un ratio estimé à 18,1 homicides pour 100.000 habitants. 

Parmi ces personnes tuées, plus de 2 700 étaient des civils (et plus de 1 300 ont également été blessés) et plus de 1 600 des membres de gangs. Le document note aussi la poursuite du mouvement d'autodéfense né au printemps 2023, avec plus de 500 personnes lynchées pour avoir été accusées d'être membres de gangs. Le nombre de personnes enlevées a aussi augmenté, passant de 1 359 en 2022 à 2 490 en 2023, soit une augmentation de 83%.

Selon le rapport, le nombre de personnes enlevées a également augmenté, passant de 1.359 en 2022 à 2.490 en 2023, soit une augmentation de 83 %.


Par: Daniel Zéphyr avec New York Times

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