Après la révocation du directeur général de l’ANAP Jeantet Joseph par le premier ministre, les agents de la BSAP sont sur le pied de guerre, particulièrement à Ouanaminthe. Le Directeur Exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) Pierre Espérance estime que la Brigade de Sécurité des Aires Protégées n’est que « du bruit pour rien » pour l’instant, contrairement à ce qu'on veut faire croire. A l’émission « Le Rendez Vous avec Volcy Assad » ce mercredi, le militant des droits de l'homme a révélé que seulement près de 600 agents de la BSAP sont armés et la plupart des armes sont désuètes.
C’est un corps armé qui fait peur. Il avait préalablement la mission de sécuriser les aires protégées mais depuis bien des temps, les agents passent outre leurs responsabilités premières et se présentent presque comme un corps paramilitaire aujourd'hui. Ce corps soutient à visière levée le mouvement de "révolution " de l’ancien chef rebelle Guy Philippe qui vient juste de purger sa peine aux USA après avoir plaidé coupable pour blanchiment des avoirs provenant de la drogue.
Les agents de la brigade de surveillance des aires protégées (BSAP) annoncent qu'ils rentrent à Port-au-Prince pour faire partir Ariel Henry. Au stade où est la BSAP, il n’y a rien à craindre si l’on en croit les propos de Pierre Espérance, invité de l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad » ce mercredi. « Il n'y en a que 600 à 700 qui sont armés. », informe le militant des droits de l’homme, précisant que moins de 200 des armes de ces derniers sont fonctionnelles.
« Beaucoup plus de bruit pour rien »
De l’avis de Pierre Espérance, l’image que l’on tente de donner à la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP) est loin de la réalité. « Ils font beaucoup plus de bruit », estime-t-il minimisant les actions de ce « milice » à ce stade.
Toutefois, Pierre Espérance croit que ce corps armé peut devenir une menace importante s’il arrive à s’allier avec les agents de la Police Nationale d’Haïti et les gangs. D’ailleurs, il précise que ces derniers sont déjà en contact avec des chefs de gang de la région métropolitaine de Port-au-Prince. « Il (corps) pourrait déstabiliser le pays plus », reconnaît Espérance . « Mais pour l’instant, la BSAP n’est que du bruit pour rien », dit-il.
La donne, selon le militant des droits humains, peut changer aussi avec la complicité du gouvernement, selon Espérance qui affirme que « beaucoup de choses peuvent arriver ». Si la BSAP n’a pas encore les alliances redoutées par plus d’un, il croit qu’ils sont actuellement à la recherche d’alliés.
Sans ces alliances, la BSAP n’est rien, d’après le responsable du RNDDH. D’ailleurs, dit-il, les mots d’ordre de Guy Philippe n’ont pas été respectés par la population.
Avec la situation explosive qui se profile, tout mouvement spontané risque d’avoir un effet majeur sur le cours des événements. Mais, Pierre Espérance ne souhaite pas que le mouvement de Guy Philippe qui soit l’élément déclencheur, car, selon lui, « le pouvoir de Ariel Henry est mauvais mais la population ne peut pas s’aventurer dans le chemin du pire ». « PHTK et Guy Philippe représentent la plus mauvaise des équipes. On ne peut pas prendre la plus mauvaise des équipes pour renverser celle de Ariel Henry », croit Pierre Espérance qui appelle la population à la vigilance.
Par ailleurs, selon Pierre Espérance, les pions qui sont en train d’être deplacés peuvent porter l’insigne du PHTK. Selon le responsable du RNDDH, il y a une alliance entre Guy Philippe et le Parti Haïtien Tèt Kale car, ce parti politique veut retourner en force, affirme-t-il. « Et c’est pourquoi, il (PHTK) utilise les gangs et Guy Philippe, un traficant de drogue », confie Espérance.
Hier dans un arrêté, le gouvernement de Ariel Henry a révoqué Jeantel Joseph qui était directeur général de l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP) qui assure un contrôle sur la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP). Cette décision du gouvernement a soulevé la colère des agents qui depuis lors disent être en condition 2. Ce mercredi, ils ont affronté des agents la Police Nationale d’Haïti à Ouanaminthe.
Par: Daniel Zéphyr
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