La majorité des armes qui entrent en Haïti proviennent des USA en passant par la République Dominicaine, selon le rapport des groupes d'experts de l'ONU. Ces armes se vendent entre 500 à 700 US aux USA, 2500 US en République dominicaine et le double de ce montant en Haïti.
Le rapport du groupe d’experts de l’ONU fait l’actualité en Haïti. Les affirmations selon lesquelles de hautes personnalités du pays entretiennent des relations avec des gangs armés donnent des sueurs froides. Avec l’autre information qui rapporte que la majorité des armes qui entrent en Haïti proviennent des USA ou passent par la République Dominicaine.
Cette information, selon le groupe d’experts, survient après des observations qui ont été faites. De plus, selon le document, des tendances moins courantes ont été remarquées comme la présence de fusils de type AK retrouvés en Haïti, détournés d’un pays d’Amérique du Sud.
Probablement, selon le document, ils ont été introduits dans le pays à la faveur du trafic de drogue ou importés de la République dominicaine, où des saisies récentes ont permis de trouver des armes en provenance d’Amérique du Sud.
« Il ressort des cas analysés par le Groupe d’experts que si les gangs peuvent acheter sur le marché illicite haïtien ou en République dominicaine des armes de poings, des fusils à pompe et des fusils semi-automatiques de 5,56 mm ainsi que les munitions correspondantes, les gangs les plus importants et les plus riches essaient de se fournir directement aux États-Unis pour certains types de matériel spécifiques, par exemple des armes de plus gros calibre, comme des fusils anti-matériel de 12,7 x 99 mm, des mitrailleuses légères et les munitions correspondantes ou d’autres calibres peu courants », analyse le groupe d’experts dans le document.
Essayant de comprendre la situation, le groupe estime que le manque de ressources de l’administration générale des douanes et les niveaux élevés de corruption l’institution sont des facteurs clés qui favorisent le trafic d’armes à destination d’Haïti. « Au vu des saisies signalées depuis 2020, la plupart des ports d’entrée en Haïti – terrestres, maritimes ou aériens – sont exposés au trafic d’armes et de munitions », soutient le document.
Compte tenu des données reçues, le groupe d’experts conclut que les États Unis sont une source de matériel intéressante pour les détenteurs d’armes en Haïti compte tenu de leur proximité relative, de la présence d’une diaspora haïtienne importante, des prix bas et des contrôles limités sur les achats.
Le document rappelle que les autorités américaines ont renforcé les contrôles et saisi plusieurs armes et munitions à destination d’Haïti par voie maritime ou aérienne. « Entre janvier 2020 et juillet 2023, le Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a saisi 15 938 munitions de différents calibres ainsi que 35 carcasses et 59 armes, dont 45 armes de poing, 1 fusil de chasse, 12 fusils et 1 mitrailleuse75 », note le document.
Miami est, selon le document, l’un des principaux point de départ des conteneurs de marchandises vers Haïti et également le seul endroit aux États-Unis d’où partent des bateaux transportant vers Haïti des biens de seconde main en vrac. La grande majorité des saisies des autorités américaines ont été faites dans ce lieu.
Des armes proviennent aussi de la République dominicaine. Bien que moins lucratif que les importations directes en provenance des États-Unis, l’achat de matériel sur le marché illicite dominicain reste intéressant, selon le rapport. En majeure partie, ces armes ont été achetées à l’origine aux États-Unis et acheminées vers le marché illicite de la République dominicaine.
« Un fusil semi-automatique de 5,56 mm coûtant entre 500 et 700 dollars aux États-Unis peut se vendre environ 2 500 dollars en République dominicaine ou deux à trois fois plus en Haïti. Dans un cas, du matériel parti des États-Unis vers la République dominicaine devait être transféré directement vers Haïti », révèle le document.
Plusieurs groupes du pays, poursuit le rapport, utilisent ces couloirs comme plusieurs gangs, en particulier 400 Mawozo, dont le territoire est le plus proche de la frontière, passent par des trafiquants dominicains pour acquérir des armes à feu et des munitions. Le document parle des cas montrant des réseaux passant par des responsables corrompus, notamment des policiers, des fonctionnaires et des proches des autorités locales, qui facilitent le passage de matériel illicite.
« Dans la plupart des cas examinés par le Groupe d’experts, le trafic passe par le poste- frontière de Belladere, par lequel la plupart des marchandises officielles en provenance de la République dominicaine entrent en Haïti », précise le document.
D’autres facteurs peuvent expliquer l’approvisionnement des gangs armés en armes et munitions. Selon le rapport, des stocks de la police par le vol ou la perte sont parfois détournés. Et la conséquence est que ces stocks comprenant armes et munitions se retrouvent régulièrement entre les mains de criminels et de membres de gangs. « Entre 2012 et 2023, près de 2 500 armes à feu de la police ont été déclarées perdues ou volées », rapporte le document.
Si les policiers sont régulièrement la cible de gangs et se font voler leurs armes, certains d’entre eux vendent leurs propres armes à feu et munitions, selon le rapport précisant que certaines unités de polices, même celles qui n’utilisent pas habituellement les armes à feu dont elles disposent, reçoivent régulièrement des munitions. Selon le groupe d’experts, cette situation pousse certains policiers à vendre leur surplus.
« Enfin, les unités de police saisissent régulièrement des armes à feu et des munitions illicites; toutefois, faute de cadre réglementaire, de procédures opérationnelles normalisées ou de ressources, le matériel saisi est mal géré et parfois détourné », ajoute le document.
Par: Daniel Zéphyr
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