PubGazetteHaiti202005

Droits humains : l’ONU demande la suspension des expulsions vers Haïti

L’expert indépendant de l’ONU pour les droits humains en Haïti, William O’Neill

L’expert indépendant de l’ONU pour les droits humains en Haïti, William O’Neill, a déclaré lundi 16 mars 2026 que « personne » ne devrait être expulsé vers Haïti, un pays plongé dans une crise sécuritaire, humanitaire et sociale profonde.

Lors d’une conférence de presse, rapporté par la Presse, M. O’Neill a insisté : « Je pense que personne ne devrait être expulsé vers Haïti, d’où qu’ils viennent. Les conditions ne permettent pas un retour sûr et digne. » L’expert a été mandaté par le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU pour évaluer la situation dans le pays.

Le contexte international est tendu. L’administration américaine tente depuis plusieurs mois de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS), qui interdit toute expulsion vers un pays jugé dangereux. La fin de ce programme, initialement prévue le 3 février, a été suspendue la veille par une juge fédérale.

À Haïti, la situation humanitaire est alarmante : environ 6,5 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, l’accès aux soins médicaux, déjà limité, s’est fortement dégradé, et entre 1,4 et 1,5 million de personnes sont des déplacés internes.

Face à ce constat, William O’Neill a lancé un appel clair aux gouvernements : « Je demande à tous ceux qui exercent le pouvoir, où qu’ils se trouvent, de ne renvoyer personne en Haïti pour le moment. » Son avertissement vise non seulement les États-Unis, mais aussi d’autres pays accueillant une importante diaspora haïtienne, comme la République dominicaine, les îles Turques-et-Caïques, les Bahamas et la Turquie.

Un nouveau appel qui tient compte de la détresse en Haïti. Un pays qui ne peut recevoir même des vols internationaux, particulièrement américains. Des voies routières sont verrouillées par les gangs, empêchant la circulation interdépartementale.

Malgré les efforts de la police, les lignes bougent à peine. Le kidnapping a connu un essor à Port-au-Prince et est orchestré par des réseaux comprenant parfois des policiers. Ce pays, qui n’organise pas d’élections depuis près de dix ans, voit l’instabilité devenir monnaie courante.

 

Wideberlin Sénexant

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