PubGazetteHaiti202005

Le chanteur et activiste Emmanuel Obas préoccupé par la situation qui prévaut en Haîti aujourd'hui. 

Emmanuel Obas, artiste et activiste

Invité à l'émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad » le mercredi 4 mai 2022, l'artiste et activiste Emmanuel Obas a exprimé ses préoccupations face à la situation d'insécurité qui prévaut en Haïti. Déplorant, d'une par, le laxisme des autorités, Obas indique, d'autre part, que tous les secteurs doivent prendre conscience qu'ils ont échoué dans leurs « pratiques ».

« La gourde se déprécie par rapport au dollar. Les prix des produits de première nécessité explosent. Il n'y a pas de pouvoir d’achat. Personne n'est épargné de l'insécurité », constate l'artiste qui parle en passant « d’exode interne » en ce qui concerne la situation des déplacés en Plaine du Cul-de-sac à cause de l'affrontement entre les gangs « 400 Mawozo » et « Chen Mechan ».

Selon le  chanteur vedette du groupe compas « Mizik-Mizik »,  le pays fait face à des « terroristes, dans la mesure où ils ont forcé , dit-il, des habitants à fuir leur maison et fait mainmise sur les biens des citoyen ». Il explique qu'il revient en ce sens à l'Etat de prendre ses responsabilités.

« Les autorités ne font que sortir des notes de presse pour dire qu'elles ont constaté un drame », déplore Obas suggérant que «  les autorités pourraient sortir avec grandeur si elles reconnaissaient leur incompétence ».

L’artiste qui était très actif dans la protestation tant en Haïti qu’aux États-Unis contre la mauvaise gestion de Jovenel Moïse, croit que l'attitude des dirigeants actuels est dangereuse pour la génération future. 

« Les enfants qui n'ont pas eu la chance de bénéficier de l'instruction civique pour devenir des citoyens n'auront pour rêve que de devenir comme ces bandits armés, attirés par l’argent facile, la notoriété... », s'indigne-t-il.

Face à ce tableau chaotique où « l'État ne remplit pas son devoir de protéger les vies et les biens des citoyens », Emmanuel Obas déclare qu'il n'y a pour l'instant que le « désespoir » en Haïti. « Je n'ai pas encore vu le Moïse qui va sortir le pays dans le désert », déclare, l’air très pessimiste, l'activiste qui dénonce « les acteurs politiques qui ont fait choix de leurs intérêts mesquins que de travailler au bénéfice du pays ».

Affirmant que personne ne peut à lui seul résoudre le problème du pays, le petit frère de Beethovas Obas croit que le premier pas à faire, c'est que tous les secteurs doivent reconnaître qu'ils ont échoué. Et selon lui, « C'est un pays à refaire à tous les niveaux ».

 

Par Juhakenson Blaise

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