Avec les nouvelles mesures prises par l’Association Professionnelle des Banques, des files d’attente interminables sont constatées devant les banques commerciales. C’est la ruée tous les matins les lundi, mercredi et vendredi vers les succursales. Ce vendredi, la situation était encore pire dans plusieurs succursales de banques de la région métropolitaine. Depuis 6h du matin, de longues files d’attente ont été observées dans les succursales de la Unibank, de la Sogebank et de la Banque nationale de crédit (BNC).
Faire un retrait ou un dépôt à la banque ces derniers jours n’est pas un exercice facile. Cette semaine, avec la décision de l’Association Professionnelle des Banques, les banques commerciales ne fonctionnent que les lundi, mercredi et vendredi, à cause de la pénurie de carburant qui sévit dans le pays. Cette situation rend difficile une simple transaction à la banque et les files d’attente sont très longues.
Il était déjà 6h du matin sur la route de Frères où une file d’attente de près d’un millier de personnes était constatée en face de la UNIBANK. « Je suis là depuis 5h », nous confie un père de famille qui explique être venu pour faire un retrait afin de payer l’écolage de son enfant malgré que ce dernier se rend rarement à l’école. « Si je n’arrive pas à faire cette transaction, ce sera compliqué », dit-il.
Sur la route de Delmas, le constat n’est pas différent. A la Banque nationale de crédit de Delmas 52, l’UNIBANK de Delmas 71, de longues files d’attente est constatée. Les lignes font presqu’une centaine de mètres. A Delmas 32, la file est tellement longue que sa queue atteint Delmas 30. Encore à Delmas 30, à la succursale de la Banque Nationale de Crédit, la même situation. « Je n’ai jamais vu ça de ma vie! », lance un client de la BNC à Delmas 30.
Midi passé, le nombre de clients dans les files d’attente n’a pas diminué dans les banques que nous avons visitées. Cette situation arrive aussi à un moment où la pandémie du coronavirus continue sa progression à cause de la réticence de la population à se faire vacciner. Les clients portes leurs masques mais dans les files d’attente, point question de distance sociale au risque de perdre sa place.
Sous un soleil de plomb ajouté à une impatience dans les jambes, les clients ont les nerfs à fleur de peau. « C’est insupportable », lance un client. « J’ai fait un dépôt il y a 2 semaines. Je viens ici depuis lundi. Je ne peux pas supporter la situation », murmure une cliente, employée de l’administration publique.
La situation risque d’être insoutenable pour les banques dans un futur proche, affirme Ricardo Joseph, un jeune économiste qui avance pour appuyer son idée que « les clients qui font la queue devant les banques sont venus pour retirer de l’argent de leur compte ». Pour lui, à ce rythme, la tendance n’augure rien de bon pour les banques.
Cette situation est provoquée par la pénurie de carburant qui sévit dans le pays. Plusieurs institutions ont déjà fermé leurs portes. D’autres, beaucoup plus résilientes ont choisi de modifier leur horaire de fonctionnement.
A souligner que les gangs du G9 ont observé ce vendredi une trêve pour faciliter l’approvisionnement des stations-service. Selon le constat d’un reporter de Gazette Haïti dépêché du place, des camions-citernes remplis de carburant ont pu quitter Varreux tout de suite après l’annonce.
Par : Daniel Zéphyr
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