PubGazetteHaiti202005

La démarche visant à révoquer Alix Didier Fils-Aimé en « mode pause »

Conseiller-président Leslie Voltaire et Edgard Leblanc

La résolution visant à révoquer Alix Didier Fils-Aimé : Leslie Voltaire, chef de file du groupe des cinq conseillers-présidents, déclare que ce projet est mis en pause, le temps pour les acteurs de trouver une solution. Il l’a subtilement annoncé à l’issue de la conférence de presse tenue hier à la Villa d’Accueil.

Tout en défendant le principe selon lequel le CPT peut, en toute légalité, renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Voltaire demande une pause, juste le temps que les acteurs se mettent d’accord sur une nouvelle gouvernance. « Tanpri nap fon w poz pou k pati politk yo ak sosyete sivil la reyini pou yo kapab jwenn yon fòmil gouvènans aseptab pou tout moun pou n pase 7 fev a », voilà ce qu’a déclaré Voltaire.

Si le conseiller-président Voltaire a nuancé sa position, son collègue Edgard Leblanc Fils s’est montré plus tranchant. Pour lui, la décision était irrévocable. Il est allé jusqu’à demander à la communauté internationale d’en prendre simplement acte, brandissant la souveraineté du pays.

Nous devons le rappeler : le CPT n’a aucune légitimité populaire ni politique, puisqu’il est lâché par pratiquement tous les partis l’ayant constitué. La nième démarche visant à limoger Fils-Aimé semble, une nouvelle fois, vouée à l’échec, la communauté internationale — dont les États-Unis — ayant mis tout son poids dans la balance pour faire plier ses instigateurs. Les États-Unis ont même comparé les cinq membres du CPT derrière le projet de révocation du chef du gouvernement à des criminels, au même titre que les gangs.

Alors qu’au CPT, Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils étaient en conférence sur le dossier, à l’Académie de police, Laurent Saint-Cyr et Didier Fils-Aimé se trouvaient aux côtés du chargé d’affaires américain, Denis T. Wooster, et de l’ambassadeur canadien, François Giroux, dans le cadre de la graduation de la 35e promotion de la Police nationale. Le signal était donc clair.

Il ne reste aux membres du CPT que deux semaines à passer au pouvoir. En tentant une nouvelle fois, en vain, de renvoyer le Premier ministre et en essayant d'affronter la communauté internationale, le Conseil présidentiel pourait se tirer une balle dans le pied. Les scénarios concernant la réduction de cette structure, lui permettant de jouer un rôle dans la nouvelle configuration politique d’après le 7 février, deviennent donc de plus en plus hypothétiques. Et face à une classe politique totalement disloquée et incapable de trouver le moindre consensus, on semble s’acheminer vers un exécutif monocéphale qui aura pour mission de boucler le processus électoral et de remettre le pouvoir entre les mains d’élus, après dix ans sans aucune consultation populaire.

 

 

Par la Redaction 

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