PubGazetteHaiti202005

Haïti célèbre la 59ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation et annonce une campagne nationale pour éradiquer l’analphabétisme

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Le gouvernement haïtien a marqué ce lundi 8 septembre 2025 la Journée internationale de l’alphabétisation par une cérémonie officielle à l’hôtel Karibe, en présence de représentants des institutions publiques, de l’UNESCO et de l’Académie du créole haïtien. Cette 59e édition, placée sous le thème « Alfabetizasyon pou yon Ayiti san Analfabèt », met l’accent sur l’urgence d’une mobilisation nationale pour vaincre ce fléau qui freine le développement du pays.

 


Dans son discours, le secrétaire d’État à l’Alphabétisation, Me Mozart Clérisson, a appelé à une collaboration active entre le ministère de l’Éducation nationale, le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, ainsi que les partenaires techniques, dont l’UNESCO, afin de lancer dès le mois d’octobre un vaste programme d’alphabétisation à l’échelle nationale.

« Nous avons besoin d’unir toutes les forces de la société pour combattre l’analphabétisme, a-t-il déclaré. Ce programme vise à donner à chaque Haïtienne et chaque Haïtien les outils nécessaires pour participer pleinement à la vie citoyenne et économique du pays. »

Cette initiative intervient alors que les statistiques font état de millions de personnes encore exclues du système éducatif. Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement d’une question d’éducation, mais aussi de dignité et de justice sociale.

 


Le ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, a pour sa part insisté sur le lien entre alphabétisation et démocratie. Selon lui, « un peuple instruit est un peuple libre, capable de prendre des décisions éclairées sur son avenir ». Il a souligné que l’analphabétisme constitue un obstacle majeur à l’exercice des droits civiques, notamment le droit de vote.

« Notre objectif est de former des citoyens autonomes, capables de comprendre les programmes politiques et de faire des choix responsables lors des élections », a-t-il affirmé, appelant à des actions concrètes et continues.

 


La cérémonie a également réuni le représentant résident de l’UNESCO en Haïti, Éric Voli Bi, qui a réaffirmé le soutien de son organisation à l’effort national. « L’alphabétisation est une clé pour le développement durable. Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir », a-t-il déclaré, saluant l’engagement des autorités haïtiennes.

La présidente de l’Académie du créole haïtien Mme Rosilia François Corneille était également présente pour rappeler l’importance de l’alphabétisation dans la langue maternelle. « L’éducation en créole est essentielle pour assurer une meilleure compréhension et une véritable appropriation des savoirs par la population », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de développer des outils pédagogiques adaptés.

 

L’analphabétisme reste l’un des défis majeurs d’Haïti. Selon des études récentes, une large partie de la population adulte n’a jamais eu accès à une scolarisation de base. Ce constat pèse lourdement sur le développement économique et social du pays, limitant les opportunités d’emploi et accentuant les inégalités.

La campagne prévue pour octobre ne se veut pas une simple opération symbolique. Les organisateurs annoncent une approche décentralisée, qui passera par des centres communautaires, des programmes radio, et des partenariats avec les organisations locales. L’objectif est de toucher les zones rurales, souvent laissées-pour-compte, où les taux d’analphabétisme sont les plus élevés.

 


Pour Me Mozart Clérisson, ce programme ne sera efficace que si toute la société s’implique. « Les ONG, les institutions religieuses, les associations communautaires et la diaspora ont un rôle crucial à jouer, a-t-il insisté. Nous devons travailler ensemble pour qu’aucun adulte ne soit privé du droit fondamental de lire et d’écrire. »

L’initiative prévoit aussi de prendre en compte des groupes vulnérables, notamment les femmes, les jeunes en difficulté et les personnes vivant avec un handicap. Les responsables estiment qu’une éducation inclusive est indispensable pour réduire les inégalités sociales et promouvoir la participation citoyenne.

 


Au-delà de l’objectif immédiat de réduire le taux d’analphabétisme, les autorités affirment vouloir bâtir une société plus éclairée et plus juste. Pour le ministre Augustin Antoine, « l’éducation est la pierre angulaire de toute transformation sociale. Haïti ne pourra se reconstruire sans une population instruite, capable de prendre part au développement du pays. »

Cette Journée internationale de l’alphabétisation a ainsi été l’occasion d’un appel à l’unité nationale. Les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de passer des discours aux actes, en mobilisant les ressources financières, humaines et logistiques indispensables.

En clôturant la cérémonie, Me Mozart Clérisson a lancé un message d’espoir : « Nous avons trop longtemps laissé des millions de compatriotes dans l’ombre. L’heure est venue d’éclairer leurs vies par l’éducation. C’est le seul chemin pour bâtir une Haïti forte, solidaire et prospère. »

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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