Le Département d’État des États-Unis a annoncé dans une note du 28 août 2025 de nouvelles directives pour l’évaluation des candidats au visa d’immigrant. À compter du 1er novembre 2025, les demandeurs devront obligatoirement être convoqués dans la circonscription consulaire de leur pays de résidence ou, si nécessaire, dans leur pays de nationalité. Cette mesure oblige les demandeurs haïtiens à se recourir à l'ambassade des États-Unis à Nassau.
Parmi les 16 pays concernés par ces changements figure Haïti, où les services consulaires américains demeurent fortement perturbés. Les autorités américaines ont ainsi désigné l’ambassade des États-Unis à Nassau, aux Bahamas, comme le poste officiel de traitement des demandes de visa d’immigrant pour les ressortissants haïtiens.
Selon le Département d’État, les rendez-vous déjà programmés ne seront pas annulés ni reportés. Toutefois, pour toute nouvelle demande, les Haïtiens devront se préparer à voyager à Nassau afin de se présenter à leur entretien obligatoire. Des exceptions limitées sont prévues pour des cas d’urgence humanitaire, médicale ou pour des raisons de politique étrangère.
Le Centre national des visas, chargé de coordonner le processus, précise que tout transfert de dossier vers une autre circonscription doit passer par sa plateforme de demande de renseignements, et non directement par les consulats.
Cette décision entre en vigueur pour tous les candidats à un visa d’immigrant, y compris ceux du programme de diversité (DV-2026). Le Département d’État recommande aux demandeurs de consulter régulièrement le site officiel des ambassades et consulats pour obtenir des informations actualisées sur les procédures.
Dès le 9 juin 2025, plusieurs pays ont été placés sur la liste noire américaine, parmi lesquels l’Afghanistan, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, l’Iran, la Libye, le Myanmar, la Somalie, le Soudan, le Yémen et notamment Haïti.
Pour Haïti, cette mesure coïncide à la désignation, le 2 juin, de plusieurs groupes de gangs haïtiens comme organisations terroristes. Le sénateur américain Marco Rubio avait alors affirmé que ces groupes représentaient une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis dans la région.
Pour justifier ce bannissement ou interdiction de delivrance de visa américain aux haïtiens, l’administration américaine a cité deux préoccupations majeures : le taux élevé de dépassement de séjour des ressortissants haïtiens et l’absence de données centralisées fiables au sein des forces de l’ordre. Selon le rapport du Département de la Sécurité intérieure (DHS) sur les dépassements de séjour pour l’exercice 2023, 31,38 % des Haïtiens titulaires de visas de visiteur B1/B2 ont dépassé la durée autorisée de leur séjour. Du côté des titulaires de visas d’étudiant et d’échange, le taux atteignait 25,05 %.
« Haïti ne dispose pas d’une autorité centrale capable de collecter et de diffuser efficacement les informations policières nécessaires pour garantir que ses ressortissants ne portent pas atteinte à la sécurité nationale des États-Unis », indiquait la proclamation officielle.
Montrant ce durcissement de la politique migratoire des États-Unis, dans une note circulaire datée du 23 juillet 2025, l’Ambassade d’Haïti en République dominicaine a informé ses fonctionnaires diplomatiques, consulaires et administratifs que l’Ambassade des États-Unis à Santo Domingo ne recevra plus les demandes de visas B1/B2 des ressortissants haïtiens, quel que soit leur statut ou le type de passeport présenté. Cette décision concerne aussi bien les passeports ordinaires que ceux de service et diplomatiques.
Pour les Haïtiens, ces mesures marquent un tournant important : l’entretien pour l’obtention d’un visa de résidence américaine ne pourra plus se faire désormais à Port-au-Prince, mais uniquement à Nassau, ce qui risque de compliquer davantage le parcours administratif et logistique des candidats à l’immigration.
Wideberlin Sénexant
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