PubGazetteHaiti202005

Opération policière à Kenscoff: reprise de Téléco et pertes dans les rangs des gangs

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À Kenscoff, la PNH a frappé fort ce 25 août en reprenant le contrôle de Téléco, important site de télécommunications occupé depuis plusieurs jours par des gangs. Plusieurs bandits ont été tués et du matériel saisi. Cette opération a été menée conjointement avec la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS).

Tout a commencé vers 1h du matin, lorsque des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH), appuyées par les contingents de la MMAS, ont lancé une offensive coordonnée contre les gangs armés retranchés à Téléco. Dirigés par l’individu connu sous le nom de « Izo2 », ces derniers ont opposé une forte résistance, mais ont rapidement subi de lourdes pertes face à la riposte des forces de l’ordre.

Au cours de l’opération, selon une note de la MMASS, plusieurs individus ont été neutralisés. Un important lot d’armes, de munitions et d’équipements divers a également été saisi, puis placé sous la garde de la PNH. Parallèlement, les routes menant à Téléco et à Kenscoff, barricadées par les gangs, ont été dégagées.

Depuis quelques jours, les gangs avaient pris d’assaut le site. Dans des vidéos amateurs devenues virales, ils menaçaient d’incendier l’installation stratégique si aucun arrangement n’était trouvé avec eux. Peu après, ils étaient même passés à l’arrêt des générateurs et au décâblage du site.

Par ailleurs, l’Office national de l’aviation civile (OFNAC) avait fait savoir dans une note que ces perturbations n’avaient pas grandement affecté ses services, des mesures immédiates ayant été prises pour basculer vers un autre relais.

Après ces lourdes pertes infligées aux gangs, la PNH a annoncé que la Téléco est désormais placée sous protection permanente. Malgré tout, Kenscoff demeure fragile avec la présence des membres de gang dans les hauteurs de la commune.

La situation sécuritaire du pays demeure toutefois précaire. Les forces de l’ordre mènent des affrontements sur plusieurs fronts afin de contenir l’avancée des groupes armés dans d’autres zones. Cette opération est perçue comme une réussite par certains observateurs, tandis que d’autres dénoncent une gestion marquée par l’improvisation : à chaque fois, la PNH se retrouve contrainte de reprendre des sites stratégiques sans assurer une consolidation durable, ce qui conduit à un cycle de recommencements et de pertes de temps.

Il faut rappeler que la sécurité est un enjeu majeur pour l’organisation d’élections en Haïti, un pays qui n’a pas connu de scrutin depuis près de dix ans et vit sans président ni pouvoir légitime depuis plus de quatre ans.

Pourtant, les chiffres restent alarmants : plus de 1 500 morts ont été recensés dans le dernier rapport trimestriel de l’ONU, témoignant d’un pays qui continue de s’effondrer.

De Port-au-Prince à Kenscoff, en passant par Liancourt, Mirebalais, Saut-d’Eau ou encore Gros-Morne, les gangs multiplient les exactions malgré les changements répétés dans la chaîne de commandement de la PNH.

Wideberlin Sénexant

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