Conformément à un nouveau protocole entré en vigueur ce lundi 21 avril, les autorités dominicaines ont entamé une opération de vérification des papiers des étrangers dans les hôpitaux publics. À Los Mina, l'immigration, appuyée par l'armée, a déjà commencé à intercepter les sans-papiers, suscitant inquiétudes et controverses.
Ce lundi, dès six heures du matin, des agents de la Direction Générale de l’Immigration (DGM), accompagnés de personnel militaire, ont pris position à l’Hôpital Maternel et Infantile San Lorenzo de Los Mina. Leur mission : mettre en œuvre le nouveau protocole de contrôle des étrangers dans les hôpitaux publics du pays, une mesure annoncée par le président Luis Abinader dans le cadre d’un plan plus large de lutte contre la migration irrégulière.
Selon les agents de l'immigration, les étrangers ont commencé à arriver après 7 heures du matin et, pour mener à bien l'opération, un bus a été mis à disposition afin de transporter ceux qui ne disposaient pas de documents valides. Le processus prévoit qu’un patient étranger soigné à l’hôpital, s’il ne peut fournir de preuve de résidence légale, soit escorté par un agent jusqu’au bus d’immigration.
Les documents requis incluent une pièce d’identité valide, une lettre de travail, une preuve de résidence et la capacité à couvrir les frais de soins. Malgré ces précautions, des cas de confusion ont déjà été signalés. Une femme enceinte, bien que munie de papiers selon sa sœur, a été embarquée à bord du bus, illustrant les premières zones d’ombre de cette application stricte.
Cette opération s’inscrit dans une politique plus large mise en œuvre à partir de ce lundi alors que 15 mesures ont été annoncées le 6 avril dernier pour freiner la migration illégale. Désormais, tout patient étranger devra prouver sa résidence légale pour recevoir des soins non urgents. Les soins d'urgence seront maintenus, mais une fois l’état du patient stabilisé, les autorités hospitalières devront alerter l’immigration pour envisager un rapatriement. Un agent d’immigration sera affecté à chaque hôpital public pour garantir le respect du protocole.
De plus, le président Abinader a annoncé la création d’une taxe sur les services médicaux rendus aux étrangers. Le directeur du Service national de santé, Mario Lama, a défendu cette décision, soulignant qu’elle vise à assurer la durabilité du système de santé public. Il assure que la dignité humaine sera toujours respectée.
Cependant, des voix s’élèvent. Le président du Collège médical dominicain (CMD), le Dr Waldo Ariel Suero, tout en saluant la décision sur le fond, rappelle que les médecins ne sont pas des agents d’immigration. « Notre mission est de soigner, quel que soit le statut du patient », a-t-il affirmé, appelant à une stricte séparation des rôles.
Cette nouvelle politique dominicaine, largement perçue comme une réponse à l’immigration surtout à celle haïtienne, ne manquera pas de raviver les tensions entre les deux pays voisins, tout en suscitant des débats sur l’accès aux soins et les droits fondamentaux des migrants.
Par Wideberlin SENEXANT avec Listin Diario
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