L'ancienne fonctionnaire de l'ONU, membre du Bureau de Suivi de l'Accord Montana ( BSA) Monique Clesca condamne le comportement des autorités qui, dit-elle, ne font que constater l’expansion des gangs armés sur le territoire national.
Elle n'écarte pas la possibilité que les autorités au pouvoir sont de connivence avec les groupes armés le fait qu'ils arrivent à exécuter leurs forfaits prévisibles en toute quietude.
Invitée sur France 24, (ce mercredi 09 avril 2025), Monique Clesca a fait le point sur la dégradation constante de la situation sécuritaire du pays en s'appuyant sur le dernier rapport du Haut-Commissariat des nations unies aux droits de l'homme.
Dans ce rapport, Volker Türk du HCDH a fait état de plus de 4 000 personnes ont été tuées entre juillet 2024 et février 2025. Des gangs lourdement armés contrôlent une zone située au-delà de la capitale Port-au-Prince. La situation humanitaire s'aggrave et la situation institutionnelle est très fragile.
Face à ce constat alarmant, Monique Clesca estime que l'idée d'organiser des élections à la fin de l'année 2025 pour doter le pays des dirigeants élus en février 2026 est irréaliste.
« Nous ne sommes même pas dans une transition, ça porte le nom de transition, mais c'est le même régime avec le même niveau de corruption, d'argent, d'intelligence. La situation sécuritaire a empiré, la situation humanitaire a empiré, la situation économique a empiré », a-t-elle affirmé.
Monique Clesca affirme notamment que « c'était un échec prévisible » qu'une force internationale mandatée par l'ONU, dirigée principalement par le Kenya, n'arrive pas à maîtriser la spirale de la violence en Haïti.
L’activiste est par ailleurs intervenue sur la question brûlante de la dette de l'indépendance due par la France à Haïti depuis en 19e siècle.
À l'approche du 200e anniversaire de l'indemnité qu'Haïti a été contraint de payer par le roi de France de l'époque, Charles X, elle appelle le président français Emmanuel Macron à reconnaître « qu'il y a eu une injustice historique » au sujet de l'indemnité d'indépendance.
Elle suggère suggère la mise en place d'une commission internationale, à la fois haïtienne et française, pour examiner la situation et évaluer les montants des réparations.
Emmanuel Macron peut « faire un acte noble, un acte qui sera peut-être pour la population française un acte héroïque » en choisissant d'y remédier, conclut-t-elle.
La question de la restitution de la rançon, imposée au XIXe siècle par l’ancienne métropole française à Haïti, pour l’indépendance acquise de haute lutte le 1er janvier 1804, a fait l’objet de brèves discussions, le mercredi 29 janvier 2025, à Paris (France), entre le coordonnateur des actions du Conseil présidentiel de transition (CPT) d'alors, Leslie Voltaire, et le président français, Emmanuel Macron.
Tout en exprimant sa volonté d’aborder cette question mémorielle avec transparence et méthode, le chef d’État français a également convenu avec Voltaire d’une rencontre à Paris, le jeudi 17 avril 2025, afin d’y faire une annonce d’envergure sur cette question.
Par Léon Kersivil avec France 24
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