La République dominicaine continuera à expulser les Haïtiens et n’autorisera pas de camps de réfugiés sur son territoire.
C'est avec une fermeté sans équivoque que le président dominicain, Luis Abinader, s'est exprimé hier jeudi lors d'une brève interview en anglais avec le journaliste britannique Stephen Sackur de la BBC.
Luis Abinader a été interrogé sur d'éventuels changements dans la politique de son gouvernement face à la crise humanitaire que traverse Haïti, où vivent environ 11,5 millions d'habitants, plongé dans le chaos.
Malgré cela, la République dominicaine a continué d’expulser les Haïtiens sans papiers vers leur pays d'origine par les postes frontaliers. Le gouvernement a jusqu'à présent ignoré les appels des organisations internationales lui demandant d'arrêter les expulsions et d'accueillir les Haïtiens fuyant la violence.
« Non, nous ne le ferons pas. Nous continuerons à appliquer nos lois et notre Constitution. Je pense que l'ONU devrait agir davantage. Je pense que les États-Unis ont perdu beaucoup de temps, en particulier cette unité pour aider Haïti », a répondu Abinader à la question s’il souhaite suspendre les déportations.
« Nous disons depuis plus de trois ans que Haïti sombre dans le chaos ; nous avons été les premiers à utiliser le terme "somalisation" d'Haïti, et on ne peut pas demander à la République dominicaine de résoudre le problème haïtien », a-t-il ajouté.
Il en est de même de la question s’il serait prêt à court terme et par geste humanitaire d'urgence, à permettre à certains de ces déplacés d'entrer sur son territoire, par exemple, dans des camps de réfugiés temporaires. « Non, nous ne le ferons pas car nous avons de nombreuses raisons historiques de ne pas le faire. Je pense qu'ils ont de nombreuses options en Haïti, sur le territoire haïtien et sur les îles en Haïti. Ils ont deux îles, La Gonâve et La Tortue, qu'ils peuvent utiliser à cette fin », a-t-il rétorqué.
Cette déclaration de Luis Abinader survient à un moment où des agences onusiennes demandent à la République dominicaine de suspendre sur les déportations vers Haïti. Entre-temps, certains Haïtiens qui s’estimaient en sécurité en République dominicaine doivent maintenant faire face à l’insécurité en Haïti avec ceux qui y vivaient déjà.
Avec BBC News
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