PubGazetteHaiti202005

La surpopulation carcérale l'une des causes des évasions selon RNDDH et OHDH

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La surpopulation carcérale serait l'une des causes de la tentative d'évasion au pénitencier national, selon des organismes de droits humains

Suite à la récente tentative d'évasion survenue au pénitencier national, mardi 28 janvier 2020, les réactions s'enchaînent au sein de la société civile. 
Pour des organismes de défense des droits humains comme le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et L'Observatoire Haïtien des Droits Humains (OHDH) la surpopulation carcérale, les conditions exécrables de détentions, d'éventuelles complicités d'agent de la Direction de l'Administration Pénitentiaire (DAP) seraient la cause de cette mutinerie.

Selon les dernières informations communiquées par les autorités compétentes, pas moins de 3601 prisonniers dont seuls 392 condamnés sont détenus au plus grand centre carcéral du pays, qui était, a l'origine, construit pour recevoir environ 400 détenus. 

Une surpopulation qui interpelle L'Observatoire Haïtien des Droits Humains (OHDH) et le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH).

«Au niveau de l'OHDH, nous le disons depuis longtemps, la surpopulation carcérale au pénitencier national représente un grand danger pour les prisonniers également pour les agents de l'Autorité Pénitentiaire Nationale (APENA)», a déclaré le coordonnateur de l'OHDH, Me. Joinet Merzius joint au téléphone par la rédaction.

De son côté le RNDDH, a déploré le fait qu'autant d'individus soient détenus au pénitencier national dans des conditions infrahumaines, ce qui selon le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Esperance, rend le contrôle de ces détenus encore plus difficile d'autant que les agents de l'APENA sont peu nombreux par rapport au nombre de détenus et ne disposent que de très peu de matériels adaptés pour fouiller minutieusement les cellules.

«Les acteurs de la chaine pénale doivent sérieusement travailler pour résoudre le problème de la détention préventive prolongée, et améliorer les conditions dans lesquelles des individus sont détenus au pénitencier national», a lâché Pierre Esperance dans une interview exclusive accordée a l'agence, et il a aussi demandé aux autorités d'améliorer les conditions de travail des agents de l'APENA et de la DAP.

Comment les détenus ont pu se procurer des armes, alors qu'ils sont enfermés ?

Pour répondre à cette question, le directeur exécutif du RNDDH ne passe pas par quatre chemins, selon lui des agents du DAP seraient complices.

« Certains objets comme les armes sont interdits aux détenus dans les prisons, de ce fait si un détenu arrive à en posséder un c'est sans doute avec la complicité d'un ou plusieurs agents de la DAP», a martelé Pierre Esperance.

Des cas de tentatives d'évasion comme celles-ci se répètent à chaque fois dans le pays, et pourtant du côté des autorités compétentes aucune disposition formelle ne semble être prise pour éviter de tels actes.

Fort de ce constat, Pierre Esperance exhorte les autorités judiciaires à diligenter une enquête afin de trouver et punir selon la loi, les éventuels complices de ces détenus.

 


Kervens Adam PAUL

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