Suite à la révocation et le remplacement de Claudy Gassant par Rockefeller Vincent à la tête de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) mercredi 23 janvier, les réactions n'ont pas cessé de pleuvoir au sein de la société civile. Ce vendredi 24 novembre, Le Réseau National de Défense des Droits Humains et le collectif défenseur Plus se sont exprimés sur le sujet dans des interviews exclusives accordées à la rédaction.
D'abord pour le collectif défenseur plus, la révocation de Claudy Gassant moins de deux mois après sa nomination, vient confirmer le manque de volonté des dirigeants de contribuer au renforcement des institutions publiques.
«Nous prenons acte de l'instabilité dans les institutions publiques, cette instabilité réside dans la volonté des dirigeants à ne pas renforcer des institutions clés dans la lutte contre la corruption comme l'ULCC», a dénoncé le co-directeur du collectif défenseur plus, Antonal Mortimé soulignant toutes fois qu'il ne peut pas y avoir de véritable lutte contre la corruption, sans un plan national de lutte contre la corruption.
De son côté le directeur exécutif du réseau national de Défense des droits humains, Pierre Esperance a fait savoir que cette révocation montre clairement que le chef de l'État, Jovenel Moïse est «rancunier, qui s'est vengé de Claudy Gassant pour l'avoir critiqué avant d'être nommé à ce poste.
Questionneé sur ses attentes vis-à-vis du nouveau directeur général de l'ULCC, le co-directeur du collectif défenseur plus s'est gardé de commenter ne disposant que très peu d'informations sur le nouveau DG.
En guise de commentaires, Pierre Esperance de son côté, a préféré rappeler qu'en 2006, à l'époque où Rockefeller Vicent était commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien, il faisait objet de nombreuses critiques, et a été soupçonné d'être impliqué dans la libération de présumés kidnappeurs et d'individus accusés de viol et de vol de voiture.
Notons qu'en dépit de ces soupçons, Rockefeller Vicent avait gardé son poste et était devenu substitut commissaire au cour d'appel du Cap-Haïtien avant d'être révoqué le 21 septembre 2017, par Heidi Fortuné, le ministre de la justice d'alors, pour absence de performance.
Contre toute attente, Rockefeller Vincent a été en avril 2019, nommé commissaire en chef de la cour d'appel de Port-au-Prince par l'exécutif avant d'être nommé, 22 janvier 2020 directeur général de l'Unité de Lutte Contre la Corruption par Jovenel Moise en remplacement de Claudy Gassant.
Kervens Adam Paul
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