PubGazetteHaiti202005

Il n’y a pas eu de massacre à La Saline mais plutôt un affrontement entre gangs armés, selon Fednel Monchery

Fedenel Monchéry

Intervenant ce mardi 16 août 2022 à l’émission Le Rendez-vous avec Volcy Assad, l’ancien directeur général du ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales Fednel Monchery a rejeté d’un revers de main les informations qui font croire qu’il y a eu un massacre à La Saline. L’allié du PHTK dézingue le RNDDH, arguant qu’il y avait que des affrontements entre gangs armés.


C’est un dossier qui avait défrayé la chronique. Massacre à La Saline, une des pires atrocités perpétrées durant le mandat de Jovenel Moïse. Le niveau de cruauté qui avait caractérisé le massacre de La Saline reste, jusqu’ici, indescriptible. Des gens décapités, calcinés. Des viols collectifs. Des familles disparues et des maisons détruites. Des habitants de ce quartier défavorisé ont vécu l’enfer.

Ce fameux 13 novembre 2018, le monde s’est arrêté pour ces habitants. Le réseau national de défense des droits humains (RNDD), dans un rapport définitif publié peu après les faits, dit avoir enregistré plus de soixante-treize (73) victimes. Parmi elles, cinquante-neuf (59) personnes ont été assassinées, deux (2) personnes sont portées disparues et cinq (5) personnes blessées par balles. De plus, sept (7) femmes ont été violées.

Dans ce massacre, Fednel Monchéry, directeur général du MICT d’alors avait été pointé du doigt. Il est accusé d’avoir utilisé les matériels du ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales pour alimenter les groupes armés. Une information démentie par le concerné.

« Ils ont dit que j’étais de connivence avec Barbecue. C’est pas vrai. Pas une fois dans ma vie. Je ne développe pas de relations avec les gangs. Le MICT n’a pas d’armes », explique M. Monchery qui dit avoir été en déplacement en province en Haïti au moment où se déroulait le massacre de La Saline. « J’ai une cousine qui a failli laisser sa peau », révèle Monchery.

Alors que des organisations de droits humains, des organisations internationales et le congrès américain parlent d’un massacre qui a eu lieu à La Saline, M. Monchery ne veut pas l’entendre de cette oreille. Pour lui, il n’y a eu que des affrontements entre gangs armés. 

« J’estime que c’était une lutte entre deux groupes armés à partir de laquelle il y a eu des dommages collatéraux  », croit Fednel Monchery, soulignant que seule la loi peut déterminer la nature de ce qui s’est passé. L’ancien proche du président assassiné Jovenel Moise dit détenir  sa vérité sur ce qui s’est véritablement passé à La Saline. « On va demander qu’un procès soit réalisé afin que lumière soit faite », prévient Monchery. 

Après maints rapports du réseau national de défense des droits humains, la justice haïtienne s’ était saisie du dossier. Fednel Monchery avait été invité à comparaître et frappé d’une interdiction de départ. 

L’ex président Jovenel Moïse avait pris du temps pour limoger l’ancien directeur général du MICT ou lui intimer l’ordre de répondre l’invitation du juge. « J’avais demandé de me présenter devant la justice. Je cherchais de l’information », rappelle-t-il.

Entre-temps, Fednel Monchéry, ex-directeur général du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, et Joseph Pierre Richard Duplan, ex-délégué départemental de l’Ouest, représentant du président Jovenel Moïse ainsi que l’ex-policier Jimmy Chérizier, ont été sanctionnés par le département du Trésor américain pour avoir commis de « sérieuses violations de droits humains en Haïti » en lien avec ce massacre.

Par cette décision, Fednel Monchery y voit une action arbitraire. « Ils ont pris la décision sur la base du rapport du RNDDH. C’est une action arbitraire », analyse-t-il, ne comprenant pas pourquoi, selon ses propos, le département d’Etat s’est basé sur le rapport du RNDDH et non de l’ONU. « Mon nom n’est pas mentionné dans le rapport de l’ONU », informe l’ancien candidat pour le poste de Sénateur.

Le président Jovenel Moïse avait finalement, dans un arrêté présidentiel publié le mercredi 25 septembre 2019, remplacé Fednel Monchéry au poste de directeur du ministère de l’Intérieur par Amos Zéphyrin.

Entre-temps, les victimes du massacre attendent toujours que la justice se prononce pour condamner les coupables. 


Par: Daniel Zéphyr

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