PubGazetteHaiti202005

Pierre Espérance accuse Martelly et le PHTK d’avoir mis la justice et l’État sous influence

Pierre Espérance accuse Martelly et le PHTK d’avoir mis la justice et l’État sous influence

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, a vivement critiqué, lors d’une interview avec des journalistes ce mardi 21 juillet 2026, le fonctionnement de la justice et de la Police nationale d’Haïti. Il a dénoncé l’influence politique, la corruption et l’impunité, tout en mettant en cause la conduite de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.

Pierre Espérance a particulièrement ciblé le juge d’instruction Jean Denis Cyprien, chargé du dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse. Il a sévèrement critiqué l’audition de l’ancien président Michel Joseph Martelly, estimant qu’elle ne permet pas de faire progresser suffisamment la recherche des véritables responsables du crime. « C’est du théâtre, c’est de la démagogie et du brassage », a déclaré le directeur exécutif du RNDDH, qui accuse le magistrat de ne pas s’attaquer aux auteurs intellectuels et matériels de l’assassinat.

Le responsable du RNDDH a également renouvelé ses accusations contre Michel Martelly et le PHTK, qu’il accuse d’avoir exercé une influence sur plusieurs institutions de l’État. Selon lui, cette influence aurait contribué à affaiblir les mécanismes judiciaires et à favoriser l’impunité. Pierre Espérance affirme également que l’insécurité aurait servi à détourner l’attention de la population des dossiers de corruption, notamment celui de PetroCaribe. Il accuse par ailleurs l’ancien président d’être lié au financement de groupes armés.

Pierre Espérance a aussi mis en cause certains responsables de la Police nationale d’Haïti, affirmant que des membres du haut commandement auraient protégé des groupes armés. Il a notamment évoqué le cas de policiers de l’Artibonite qui auraient, selon lui, fourni des armes et des munitions à des gangs. « L’état-major de la police protège les bandits de Viv Ansanm », a-t-il affirmé, tout en faisant référence aux liens présumés entre certains responsables politiques et des chefs de gangs. 

Le directeur exécutif du RNDDH a enfin dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives d’intimidation contre son organisation. Il a critiqué une ordonnance attribuée au juge Jean Denis Cyprien visant, selon ses déclarations, son domicile et les locaux du RNDDH. « Nous ne sommes pas au-dessus de la loi, mais nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il martelé, assurant que l’organisation poursuivra son travail de défense des droits humains et de lutte contre l’impunité.


Le RNDDH appelle à une justice capable, selon lui, de faire toute la lumière sur les responsabilités dans ce dossier sans subir de pression politique.


Arnold Junior Pierre

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