Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l’insécurité, le gouvernement haïtien a procédé, ce 10 mars 2025, à l’installation des membres de la Commission nationale de Démantèlement, Désarmement et Réinsertion (CNDDR). Cette troisième version de l’instance vise à accélérer l’intégration des jeunes en conflit avec la loi et à renforcer le plan de sécurité nationale.
Sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, a installé les membres de la CNDDR. Cette commission a été officialisée par un arrêté adopté lors du Conseil des ministres du 21 février 2025. Elle est composée de sept membres : Enold Florestal, coordonnateur, ainsi que Guerda Privilon, Claudy Alexis, Junior Bonheur, Illionor Louis, Michel Jean-Marie Léonidas et Abler Roudy Lalanne.
Selon le gouvernement, cette nouvelle version de la CNDDR a pour mission principale de mettre en place une cellule de planification afin de faciliter la réintégration des enfants et des jeunes impliqués dans des activités illicites. L’objectif est de leur offrir une seconde chance et « de les réinsérer dans la société sans discrimination. »
Un pas vers la sécurité et la réintégration sociale
« La relance de la CNDDR illustre la volonté du gouvernement et du Conseil présidentiel de transition de mettre un terme à la crise sécuritaire qui mine le pays », écrit la primature sur X. Alors que l’insécurité demeure un défi majeur en Haïti, « cette version de la CNDDR constitue une étape importante qui démontre les efforts du Gouvernement pour assurer l’instauration de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national ».
Créée le 28 août 2006, la CNDDR a été réactivée par un décret présidentiel du 8 mars 2019 sous le gouvernement de Jovenel Moïse. Cette nouvelle formation voit le jour à un moment où l'insécurité fait rage. De plus, les gangs se renforcent avec des jeunes et même des enfants issus des quartiers populaires.
Selon un récent rapport de l'ONUDC, le recrutement de mineurs par les gangs a connu une hausse de 70 % en 2024. Ces groupes criminels sont désormais composés de 30 à 50 % d’enfants.
Cette CNDDR réussira-t-elle enfin à changer la donne ? La précédente version n’a pas produit les résultats escomptés, et la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. Reste à voir si cette nouvelle tentative portera ses fruits.
Wideberlin SENEXANT
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