Le mouvement des ouvriers en Haïti, qui ont gagné les rues pour exiger l’augmentation du salaire minimum, bénéficie du soutien du Collectif des Anciens Députés de l’Opposition et Alliés ( CADOA). Pour le regroupement de ces parlementaires, le salaire minimum payé aux ouvriers en Haïti, condamne ces derniers à la pauvreté absolue.
Les réactions fusent autour de la problématique du salaire minimum qui met en colère les ouvriers du secteur textile qui ont manifesté dans les rues à Port-au-Prince durant deux journées consécutives pour réclamer un salaire minimum de 1 500 gourdes. Depuis le début de la semaine, la route de l’aéroport est en ébullition. Des violences policières ont été enregistrées. « Le salaire minimum payé aux ouvriers en Haïti, par secteurs d’activités, condamne ces derniers à la pauvreté absolue, car ils sont pour la plupart, un seul salarié par famille de 5 membres au moins », dénonce le Collectif des Anciens Députés de l’Opposition et Alliés ( CADOA).
« Le niveau de salaire minimum bas, dans la situation actuelle du pays, est un obstacle à la croissance économique ; il ne permet pas un niveau de consommation suscitant la nécessité de créer ou d’augmenter la taille des entreprises. Il ne permet pas aussi l’émancipation et l’intégration sociale réelle des ouvriers et de leur famille », a indiqué le collectif dans cette note.
Ce regroupement d’anciens députés a rappelé que la chambre basse avait voté le 26 mars 2019, avec l’appui du président de la chambre basse Gary Bodeau, la loi sur le salaire minimum, qu’ils avaient proposée. Une loi qui n’a jamais été adoptée par le Sénat. « Le Sénat de la république n’a jamais réalisé une séance où la proposition de loi votée par la chambre des Députés est mise à l’ordre du jour », rappelle le regroupement.
Par cet acte posé en 2019, ces anciens députés de l’opposition disent avoir voulu prévenir les « conflits et litiges » permanents entre patrons et ouvriers en proposant une loi avec un ensemble de dispositifs pouvant éviter la situation catastrophique actuelle: conflits entre patrons et ouvriers.
Condamnant la violence dont sont victimes les ouvriers et les dégâts matériels, le CADOA souhaite qu’une commission soit créée rapidement afin de résoudre ledit conflit en attendant l’adoption de la proposition de loi déjà votée par la chambre des Députés, actuellement classée dans les tiroirs du Sénat de la République.
La grille salariale en vigueur varie entre 250 et 550 gourdes, dépendamment du segment considéré. Elle a été fixée le 1er novembre 2019 par un arrêté signé par le président Jovenel Moïse et le premier ministre a.i. Jean Michel Lapin. Depuis, le salaire minimum n’a jamais été réajusté.
Par : Daniel Zéphyr
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