Le Conseil électoral provisoire (CEP) a transmis, le 28 avril 2026, un budget électoral révisé au gouvernement. Cette nouvelle mouture intervient après le refus du Premier ministre de valider le premier projet estimé haut à 250 millions de dollars, sur fond de critiques politiques et institutionnelles.
Dans cette note du 29 avril, le Conseil électoral provisoire (CEP) a informé avoir transmis à l’Exécutif le budget électoral remanié. Ce document a été élaboré par une commission technique composée de cadres de l’institution, avec l’appui de représentants du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de l’UNOPS et du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
D’après le CEP, ce budget révisé repose sur deux scénarios correspondant aux options techniques et opérationnelles envisagées pour la tenue du scrutin. En parallèle, l’institution indique poursuivre les travaux autour d’un calendrier électoral remanié, avec l’objectif de garantir un processus « réaliste et crédible » face aux contraintes actuelles, notamment sécuritaires et logistiques.
Cette nouvelle proposition intervient dans un contexte marqué par le rejet du budget initial par le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. En déplacement officiel aux États-Unis, le chef du gouvernement a clairement fait savoir sur les ondes de Magik9 qu’il ne signerait pas un budget de 250 millions de dollars, qu’il juge « impensable ». Il a estimé que ces ressources devraient prioritairement servir aux populations victimes de l’insécurité, notamment celles vivant dans des camps après avoir perdu leurs biens.
Alix Didier Fils-Aimé a également rejeté les accusations de blocage du processus électoral, assurant ne pas chercher à retarder les élections.
Toutefois, plusieurs partis politiques signataires du Pacte national pour la stabilité et les élections avaient, eux aussi, dénoncé en début de semaine le budget présenté par le CEP, accusant l’institution de freiner le processus.
La transmission de ce budget révisé s’inscrit dans une série d’ajustements engagés par le CEP après les critiques formulées contre le premier projet. Le 24 avril 2026, l’institution avait déjà soumis à l’Exécutif un projet de décret électoral révisé, conforme au Pacte national pour la stabilité, tout en lançant une réévaluation du budget à travers une commission conjointe avec ses partenaires internationaux.
Ces démarches entendent adapter le processus électoral aux réalités du pays, en tentant en même temps de répondre aux réserves exprimées par le gouvernement et certains acteurs politiques.
Wideberlin Sénexant
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