PubGazetteHaiti202005

Pourquoi parler des éléctions présidentielles américaines en Haïti?

Vice Président joe Biden et Président Donald Trump


Beaucoup se posent cette question: pourquoi de telles couvertures médiatiques sur les élections présidentielles américaines? 

Effectivement, ils sont nombreux, que ce soit dans la diaspora ou en Haïti, ceux qui se disent : quelque soit le résultat des élections présidentielles du 3 novembre, en termes de ce que Haïti peut bénéficier, il sera blanc bonnet et bonnet blanc.  Pendant que d’autres ont objecté que le contexte politique a évolué et même Biden, ancien vice-président pendant les deux mandats de Barack Obama peut, en termes de politique étrangère, faire une différence, spécialement en Haïti.  

Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde; les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques, écrivait  Hannah Arendt.  Dans ce contexte, à priori, il est important que si on veut comprendre la vie politique et les causes d'une stabilité démocratique d'une part aussi bien que les rapports internationaux entre les Etats Unis et les autres états, qu'on etudie et analyse le processus conduisant à l'une des prestigieuses institutions de la politique américaine comme la présidence. 

Mais pourquoi, plus particulièrement, autant de couverture médiatique en Haïti, surtout pendant ces derniers jours sur les élections présidentielles américaines de ce 3 novembre, quand on sait il y-a longtemps que Haïti, l’arrière cour des États-Unis, est instabilisé par une oligarchie locale et internationale? 

Haïti et les élections présidentielles américaines  

L'auteur Robert S. Hirschfield dans son livre: The Power of the Presidency: concept and controversy déclare que la présidence des Etats Unis est le bureau politique le plus important au monde. Pays de l'Amérique du Nord indépendant en 1776, les Etats Unis est considéré comme l'instance planétaire d'homologation démocratique. Sur ce, bon nombres de pays ont leurs regards tournés sur le continent américain. Puisque, du premier président, Georges Washington á l'actuel, Donald Trump, la culture démocratique se perpétue. Ainsi, comme pour d’autres pays, certains pensent que ces élections ont une importance capitale en matière de leçon démocratique dont Haiti pourrait s'en inspirer.

Autre fait aussi important à signaler, vu la position géographique, politique, social et surtout de l'apport économique de la diaspora, dont bénéficie Haiti, il ne sera pas une démarche inutile si certains accordent une priorité aux élections présidentielles américaines de ce 3 novembre. 

Mis à part cela, il y a des universitaires en sciences politiques ou relations internationales, journalistes et d’autres personnages importants qui, jusqu’à présent n'ont pas bien saisi certains concepts lié à ces joutes tels que: l'élection primaire, les États indécis, les Super délégués et plus particulièrement le "Collège Électoral ou grands électeurs". Mais tout ceci, sont-ils suffisant pour autant d’interviews dans les radios haïtiennes à l’intérieur comme à l’extérieur du pays?  

Quand est-il de ce groupe  d’étudiants?

Face à toutes ces questions, avec beaucoup de perspicacités, un groupe d’étudiants finissant de l’INAGHEI eut à declarer en matière de relation politique entre Haïti et les États-Unis, le scrutin du 3 novembre ne pourrait pas avoir ni des impacts à court et même des conséquences positives pour le pays, sinon que de l’ingérence arrogante de Washington dans des affaires internes qui relèvent de la souveraineté d’Haïti.  Par contre, avec la pandémie qui tue plus 230,000 américains et une crise économique aigüe, donc le personnage qui aura à occuper la maison blanche pour les quatres prochaines années, s’il doit y faire quelques choses pour rémedier à ces deux grands problèmes, donc la diaspora haïtienne, comme tous les autres ressortissants,  en jouira des résultats positifs de la nouvelle administration, conclut ses étudiants.  

Spécifiquement, si Haïti doit tirer un quelconque profit des élections présidentielles américaines, c’est probablement à travers sa diaspora surtout dans les grandes communautés haïtiennes aux États-Unis. Pour avoir été le Vice-président durant les deux mandats d’Obama, le candidat démocrate à la présidentielle fait toujours l’objet de critiques concernant les politiques d’application de l’ère Obama et un taux d’expulsion supérieur à celui de Trump. Ainsi, si c’est Biden qui gagne le scrutin du 3 novembre, donc pour s’acquiter ou apaiser une attente non satisfaite des immigrants d’Obama, probablement il essayera de faire quelques choses pour des millions d'immigrants en situations irrégulières, y compris les haïtiens.    

Qui dit situation régulière ou stable aux États-Unis, veut dire, plus de possibilités d’étudier, de moyens pour voyager, plus de marges de manoeuvres pour appliquer ou de faire des demandes de résidences pour certains membres de la famille, mais surtout, de meilleures conditions travail. 

Puisque, "La contribution substantielle de la diaspora haitienne à l’économie nationale se confirme advantage. Les transferts de fonds provenant des émigrés dépassent de loin l'aide internationale fournie à Haiti. 1.65 milliard de dollars américains a été transféré en Haiti sous forme de cash par les Haitiens vivant à l'extérieur. Si on devait tenir compte des transferts en nature dont les provisions alimentaires, cette somme avoisinerait les 2 milliards de dollars", écrivait, Rock André, plus de dix ans de cela.  Aujourd’hui encore, l’apport des haïtiens de la diaspora, particulièrement ceux vivant aux États-Unis, continue à être l’oxygène qui permet à Haïti de respire économiquement. 

Mais si il a une tendance qui veut faire croire qu’en termes de bonnes relations politiques entre Haïti et les États-Unis, le résultat des élections du 3 novembre ne sera que blanc bonnet et bonnet blanc, d’autres sont des avis contraires.

L'autre son de cloche
 
Pour illustrer leur position, les pro Biden utilisent les déclarations de ce dernier qui, lors de son discours d’acceptation de moins que 25 minutes à la convention des démocrates, le candidat à la présidence du parti démocrate a promis de rompre avec les dictateurs.  ‘’Le temps des flirts avec les dictateurs est révolu", promet Joe Biden.

Naturellement, quand un président américain émet des commentaires sur la problématique des crises politiques internationales, surtout quand directement il parle de dictature, il est question de dictateurs dans la traditionnelle sphère régionale d'influence américaine,  c'est-à-dire l'Amérique Latine et les Caraïbes, incluant donc Haïti. Ainsi s’il faut regarder ou penser beaucoup plus loin de la valeur de vérité de sa déclaration,  cela sous-entend s’il est élu le 3 novembre, puis s'il rentre en fonction le 20 janvier 2021, il pourrait quelques jours plus tard ne pas cautionner un Jovenel après le 7 février 2021. 

Tout ceci c’est à court terme, mais dans le long terme, son administration pourrait avoir des conséquences sérieuses dans la gestion politique du pays, pensent encore les désespérés d’une nouvelle Haïti . Mais il y a un vieil adage qui dit que : l’homme aux abords du pouvoir, n’est pas l’homme au pouvoir. Questions pour dire :  officiellement le candidat Biden peut bien dire une chose maintenant, n’empêche dans les mois et années après, s'il devient le 46e président américain, son ambassadeur á Port-au-Prince peut, comme l’avait fait Brian Dean Curran, dire une chose et l’establishement de Washington en faire son contraire.  Ce n’est pas par-ce-que ce diplomate ne respectera pas l’ordre de Washington ou du Ministre des Affaires Étrangères des États-Unis, mais tout simplement il s'agit de la primauté de la défense des intérêts économiques et géopolitiques américains dans la région. 

 

Prof. Esaü Jean-Baptiste

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1- Esau Jean-Baptiste. Pour mieux comprendre les élections présidentielles américaine.
Publié en février 2020 par la maison d’édition, Dédicaces, Canada/Etats-Unis

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