Le premier ministre Joseph Jouthe a apporté, ce mardi, des explications concernant l’audio (Voice Note) qui circule sur les réseaux sociaux, WhatsApp plus précisément, depuis lundi, dans laquelle il blâmait son ministre des finances pour sa « mauvaise performance concernant le projet de budget rectificatif 2019/2020 ». Il s’en est également pris « aux hommes politiques qui veulent se porter candidats dans un pays qui n’existe ni sur papier ni dans le réel ». Le chef du gouvernement justifie son attitude par le contexte dans lequel il se trouvait au moment de tenir ces déclarations jugées mal à propos.
Le premier ministre Joseph Jouthe n’y est pas allé par quatre chemins pour justifier ses déclarations qui ont enflammé la toile et pour lesquelles il a été l'objet de vives critiques au niveau de la société. Dans une interview exclusive accordée à Gazette Haïti, Jouthe assume ses propos et justifie son comportement par le contexte dans lequel il se trouvait au moment de faires ces déclarations. Sur cet enregistrement, on entendait le chef du gouvernement tenir des propos peu orthodoxes à l’endroit de son ministre de l'économie et des finances, Michel Patrick Boisvert, pour sa « piètre performance dans le cadre de la préparation du projet de budget rectificatif 2019/2020 ».
« Je me trouvais à Hinche, dans le Plateau Central, pour désamorcer un mouvement de protestations politiques qui était tellement intense que cela a nécessité que je m'y rende personnellement. Et je m'entretenais au téléphone avec un ex Sénateur du plateau central, lorsqu'à mon insu, je me suis fait enregistrer par un individu qui a diffusé ma voix sur les réseaux sociaux. L'atmosphère était tendue à un point tel que je ne pouvais plus me retenir et j'ai lâché ces paroles contre mon ministre des finances », a expliqué le chef du gouvernement qui en a profité pour présenter des excuses publiques à tous les membres du cabinet ministériel mais particulièrement au grand argentier de la République dont il a vanté les mérites. M. Jouthe présente le ministre Boisvert comme un brillant technicien.
S'agissant du projet de budget soumis par le MEF en lui-même, le numéro 2 de l'Exécutif explique s'en être pris au document en raison du fait qu'il ne cadre pas avec la vision politique du président de la République Jovenel Moise axée principalement sur la relance du secteur agricole et le renforcement du secteur énergétique. Jouthe Joseph déplore également que le document ne prenne pas en compte la réalité socioéconomique du pays marquée particulièrement par des revendications sociales comme celles, entre autres, des policiers, des professeurs d'école du secteur public et des contractuels de l'administration publique. Il reproche également au titulaire du MEF de ne pas avoir pris en compte certaines taxes dont celles concernant des marchandises sous-évaluées au niveau de la douane, des taxes non perçues au niveau de la frontière avec la République Dominicaine et celles sur les professionnels étrangers qui évoluent dans le pays. Il cite également « les frais payés pour la teinte des véhicules et le renouvellement des permis de conduire qui ne sont pas versés dans les caisses de l'État ».
Joseph Jouthe s'est gardé de donner de date pour l'adoption du budget national tant nécessaire en ce qui concerne l'orientation économique du pays. Il annonce que les fonds de ce budget, sans en préciser le montant, seront essentiellement consacrés aux dépenses de fonctionnement et qu'on ne pourra malheureusement pas compter sur les bailleurs internationaux pour soutenir l'investissement si non deux accords de prêts avec les gouvernements indien et taïwanais évalués à moins de 400 millions de dollars américains.
En ce qui a trait aux déclarations du premier ministre contre des dirigeants politiques de l’opposition, ce dernier estime qu’elles ont été particulièrement mal comprises par le public. Et là encore, il affirme que ses propos doivent être pris dans leur contexte. Il ne s’agit pas de dirigeants politiques de l’opposition qui font campagne malgré la situation actuelle du pays marquée par la crise sanitaire due au COVID-19. « Je critiquais uniquement une frange politique dans le plateau central qui avait mobilisé plusieurs dizaines de personnes accompagnées d’un truck sound dans le cadre d’un mouvement politique de rue en pleine période de confinement. C’est bien malheureux que mes propos aient été mal interprétés », rectifie le PM Jouthe. Il dit n’avoir aucun problème avec « les initiatives électoralistes des dirigeants politiques de l’opposition qui profitent du contexte actuel pour se refaire une santé politique en perspective des prochaines élections ». Le chef de la primature croit de préférence qu’il s’agit d’une bonne chose pour la démocratie.
Concernant les élections justement, le premier ministre informe que ce dossier est à l’étude au niveau du gouvernement. La question a été à l’ordre du jour dans différentes rencontres organisées entre les membres du gouvernement, fait savoir Joseph Jouthe. A la question, est-ce que ces joutes sont envisageables pour l’après Coronavirus, le chef du gouvernement affirme qu’aucune date n’est encore retenue pour la tenue de ces élections faisant remarquer son importance pour le renouvellement du personnel politique.
Est-ce que c’est l’actuel conseil électoral qui aura la charge de l’organisation de ces élections ? Joseph Jouthe d’expliquer que le gouvernement à lui seul ne pourra pas décider de cela et que l’implication de la classe politique en ce sens s’avère nécessaire. Parce qu’il faudra mettre les dirigeants politiques en confiance.
« Haïti n’existe ni sur papier ni dans le réel, des propos aussi tenus par le premier ministre. Dans un prochain article, Joseph Jouthe apportera des précisions sur ce point précis.
Après la publication de l’audio, beaucoup de voix ont appelé Jouthe Joseph à démissionner pour avoir tenu de tels propos à l’endroit notamment d’Haïti dont il est le chef du gouvernement
Par, Diégo O. Clarles
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