PubGazetteHaiti202005

À une semaine de la rentrée des classes : enseignants non nommés et diplômés de l’ENS lancent un ultime avertissement au MENFP

Sit-in des enseignants

À l’approche de la rentrée scolaire, prévue le 7 septembre 2026, la tension monte dans le secteur éducatif haïtien. Des enseignants vacataires et des diplômés de l’École normale supérieure (ENS) ont organisé un sit-in à Delmas 83, devant les locaux du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), pour réclamer la régularisation de leur situation administrative. Les protestataires exigent notamment la délivrance des lettres de nomination et des cartes de débit ainsi que le versement de plusieurs mois d’arriérés de salaire. À quelques jours de la reprise des cours, ils reprochent aux autorités de ne pas avoir concrétisé les engagements pris en leur faveur.

 

 

Les diplômés de l’ENS invoquent notamment un protocole d’accord signé le 22 mai 2013 entre le MENFP et l’institution universitaire. Celui-ci prévoit l’intégration dans le système scolaire public des étudiants ayant achevé leur cursus et accompli leur stage pratique obligatoire.

Les représentants des promotions 2018-2022, 2019-2023 et 2021-2025 affirment qu’environ 292 normaliens qualifiés ont déjà soumis leurs rapports de stage à la suite de consultations menées avec le ministère. Malgré ces démarches, leur intégration collective dans l’enseignement public demeure, selon eux, bloquée.

Ils dénoncent parallèlement l’octroi de nominations au cas par cas, une pratique qui, à leurs yeux, fragilise la cohésion du groupe et ne garantit pas le respect des critères de mérite. Ils plaident en conséquence pour une prise en charge globale des normaliens ayant satisfait à l’ensemble des exigences académiques et professionnelles requises.

La situation des enseignants vacataires constitue un autre motif de mécontentement. Dans plusieurs établissements publics, une partie importante du personnel exerce sans nomination officielle et sans rémunération régulière. À l’École nationale unie fondamentale complète de Butte-Boyer, par exemple, seuls deux enseignants sur un effectif de vingt professeurs seraient officiellement nommés, alors que l’établissement fonctionne en double vacation.

Cette précarité administrative a de lourdes répercussions sur les conditions de vie et de travail du personnel concerné. Les protestataires rappellent que le MENFP avait annoncé le traitement de plusieurs dossiers avant la reprise des activités scolaires. Or, selon eux, certaines mesures attendues, dont la remise des cartes de débit et le versement des rémunérations dues, ne se sont toujours pas matérialisées.

Au-delà de leurs revendications professionnelles, les manifestants attirent l’attention sur les conséquences de cette situation pour le fonctionnement et la qualité de l’école publique. Ils déplorent notamment que des diplômés de l’ENS, formés pour exercer le métier d’enseignant, demeurent en attente d’intégration, tandis que certaines salles de classe seraient confiées, selon leurs affirmations, à des personnes ne disposant pas toujours des qualifications requises.

À travers ce mouvement de protestation, les enseignants non nommés et les diplômés de l’ENS entendent ainsi accroître la pression sur les autorités à l’approche de la rentrée. Ils réclament des réponses concrètes concernant les nominations, les cartes de débit et les arriérés de salaire avant le 7 septembre.

Faute d’avancées significatives, ils menacent de ne pas reprendre le chemin des salles de classe. À quelques jours de l’ouverture officielle de l’année académique 2026-2027, ce bras de fer fait ainsi planer le risque de perturbations dans certains établissements publics.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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