PubGazetteHaiti202005

Premier vol d'expulsion de l'ICE vers Haïti depuis la fin du TPS atterrit au Cap-Haïtien

Premier vol d'expulsion de l'ICE vers Haïti depuis la fin du TPS atterrit au Cap-Haïtien

Plus de 160 ressortissants haïtiens ont été expulsés des États-Unis vers Haïti ce jeudi 20 août 2026 à bord d'un vol charter de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE).

 Il s'agit du premier vol de ce type depuis la fin, le mois dernier, du statut de protection temporaire (TPS) accordé par l'administration Trump à plus de 300 000 Haïtiens résidant aux États-Unis. 

L'avion a atterri peu avant midi à Cap-Haïtien, la deuxième ville d'Haïti. C'était le huitième vol d'expulsion des États-Unis vers Haïti cette année, et le premier depuis que les autorités américaines ont averti les autorités haïtiennes d'une augmentation des expulsions suite à la fin de la protection dont bénéficiaient leurs ressortissants aux États-Unis.

 Les États-Unis ont annoncé l'augmentation de la fréquence des vols à deux par semaine, ce qui permettrait de renvoyer environ 250 Haïtiens chaque semaine.


Le vol d'ICE Air provenait d'Alexandria, en Louisiane. Auparavant, le 16 juillet, un vol avait atterri en Haïti avec à son bord plusieurs personnes expulsées ayant des antécédents judiciaires. Un vol prévu peu après a été annulé en raison de problèmes techniques.


L’Office national des migrations d’Haïti s’attendait initialement à ce que 175 personnes se trouvent à bord de l’avion, mais son directeur général, Jean Négot Bonheur Delva, a indiqué qu’il y en avait 161 dont fes enfants.


Parmi eux figuraient des personnes faisant l'objet d'une procédure d'expulsion après être entrées illégalement aux États-Unis, ainsi que des personnes expulsées ayant purgé leur peine de prison ou ayant été arrêtées et inculpées.

Delva a indiqué qu’il y en avait parmi elles des personnes nées hors d'Haïti mais renvoyées dans le pays en raison de la nationalité haïtienne de l'un de leurs parents. Il s'agissait notamment de personnes nées au Chili et en République dominicaine. 

À leur arrivée, les rapatriés sont accueillis par le personnel de l'Office national des migrations et reçoivent l'équivalent de 76,40 dollars pour rentrer chez eux, une aide financière du gouvernement haïtien. Cette somme ne suffit pas à couvrir le prix d'un aller simple pour Port-au-Prince, qui coûte environ 250 dollars. 

Cependant, elle permettra à certains de traverser des routes contrôlées par des gangs, ce qui comporte des risques. Cette augmentation des expulsions survient alors qu'Haïti est confrontée à une violence alimentée par les gangs et à une crise humanitaire.


Plus tôt cette semaine, une unité spéciale a mené une opération de drones piégés contre Vitelhomme Innocent, l'un des chefs de gang les plus notoires du pays, recherché par le FBI pour des crimes commis contre des citoyens américains. Bien que le drone ait touché le véhicule dans lequel il se trouvait, il a apparemment survécu à l'attaque.

Interrogé jeudi sur l'impact de la fin du TPS sur les agences des Nations Unies en Haïti, Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré que l'organisation mondiale peinait déjà à répondre aux multiples crises qui frappent le pays. 

« L'équipe de l'ONU en Haïti est débordée », a-t-il affirmé, « mais nos collègues sur place font tout leur possible pour soutenir le gouvernement alors que des personnes sont renvoyées de force chez elles, dans un contexte d'insécurité extrême, de manque de perspectives et de situation extrêmement dangereuse. »

Avec Miami Herald

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