PubGazetteHaiti202005

Opérations musclées prévues à Village de Dieu: Des organisations de droits de l'homme aux USA lancent un cri d'alarme

Des policiers en pleine opération/ Archives

Global Justice Clinic, American Jewish Service, purshing Global Justice, Institute Justice and Democracy In Haiti, BAI et Haiti Justice Alliance des organisations de droits de l'homme aux USA écrivent au président Jovenel Moïse, au premier ministre Joseph Jouthe et au ministre de la justice pour exiger l'annulation de des opérations musclées planifiées à Village de Dieu ce mardi.

Dans cette corespondance dont Gazette Haïti a obtenu une copie, ces organisations ont exprimé leurs inquiétudes face à la déclaration du ministre de la justice Lucmane Délile appelant la population de Village de Dieu à abandonner leur demeure pour faciliter le démantèlement des gangs dans ce vaste bidonville.

« Les organisations sous-signées expriment leurs inquiétudes face à la déclaration du ministre haïtien de la justice et de la sécurité publique du 24 avril, annonçant que les forces gouvernementales mèneront des opérations contre les bandits armés à Village de Dieu, et que tous les résidents doivent évacuer la zone dans les 72 heures. Le ministre de la justice, Lucmane Délile, a déclaré qu'au delà de 72 heures << nous ( l'État) ne serons pas responsables de ce qui pourrait leur arriver éventuellement. L'Etat a le monopole de la violence légitime. >> En outre, des preuves que Jimmy Chérisier, auteur présumé des massacres de la Saline et de Bel air en novembre 2018 et novembre 2019, a annoncé de façon publique qu'il s'organise avec des membres de la police nationale haïtienne pour << nettoyer le Village de Dieu>>. À la lumière d'autres massacres perpétrés sous le prétexte de << nettoyer>> les quartiers et compte tenu des nombreuses preuves contre Chérizier, les sous-signées appellent de façon urgente au gouvernement d'Haïti d'annuler l'opération prévue et de protéger les droits humains et la sécurité publique du peuple haïtien, en particulier les populations vulnérables et particulièrement dans cette période de crise dûe au Covid 19 ».

Dans cette correspondance au pouvoir en place, les organisations rappellent que ce dernier portera la responsabilité de tout ce qui pourrait advenir.

« Le gouvernement haitien ne peut pas se déchager des responsabilités de l'usage de la violence contre les civils lors de l'opération de << nettoyage >> en ordonnant aux civils d’abandonner leurs foyers », écrivent les organisations de défense des droits de l'homme basées aux USA.

Selon les défenseurs des droits humains, « l'opération prévue menace gravement le droit des habitants à la vie, aux logements à la sécurité et à la santé et discrimine les citoyens qui vivent dans cette communauté pauvre où les violations des droits sont déjà courantes. L'annonce du gouvernement est d'autant plus inquiétante qu'elle ne prévoit aucun logement alternatif pour garantir leur sécurité pendant la période du Covid-19 », poursuit la lettre adressée aux plus hauts responsables de l'État mois de 24 heures avant la date annoncée pour débuter lesdites opérations. « Le droit à la santé est une préoccupation accrue pendant cette crise sanitaire », estiment les défenseurs des droits de l'homme.

« Le risque que cette opération anti-gang se transforme en violence aveugle est d'autant plus justifié que lors d'une intervention de ce type en novembre 2017 à Grand Ravine au moins 9 civils innocents ont été tués. Ces organisations se réfèrent aux rapports des organismes de droits de l'homme travaillant en haiti dont le RNDDH.  La présence présumée du chef de gang Jimmy Chérizier impliqué dans d'autres massacres dans l'opération prévue à Village de Dieu alarme au plus haut point les ces organisations. L'alliance apparente entre Barbecue avec la PNH est profondément troublante et accroit les inquiétudes quant à son rôle dans l'opération à Village de Dieu », dénoncent-elles

 

 

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