PubGazetteHaiti202005

Haïti – Sécurité: le directeur général de la PNH Vladimir Paraison présente le bilan de ses 100 jours et promet une reprise progressive du territoire

Paraison en conférence

Ce vendredi 28 novembre 2025 marque les 100 jours du directeur général Vladimir Paraison à la tête de la police nationale d’Haïti ( PNH). À l’occasion de la présentation officielle de son bilan, il affirme avoir enregistré des avancées concrètes, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Parmi les progrès soulignés : la formation continue des agents, une présence policière renforcée dans des zones stratégiques et un repli notable de la propagande des gangs sur les réseaux sociaux.

 

Policiers en uniforme, hauts gradés, représentants des forces de l’ordre, membres de la presse et invités institutionnels étaient présents, soulignant la portée symbolique et stratégique de cet événement.

Dans le domaine du management public, les 100 premiers jours sont souvent vus comme un indicateur clé, permettant d’évaluer la dynamique d’une nouvelle administration et de mesurer l’impact de ses premières décisions. 

Ce repère, selon les organisateurs de la cérémonie, ne se limite pas à un simple exercice de communication. Il symbolise aussi la détermination d’un homme qui a accepté de prendre la tête d’une institution fragilisée, à un moment où l’autorité de l’État était fortement mise à l’épreuve. Le rappel du 8 mars 2024 a marqué les esprits : ce jour-là, alors que des groupes armés lançaient un assaut contre des symboles clés du pouvoir, Vladimir Paraison, alors officier supérieur, faisait partie de ceux qui ont défendu les positions stratégiques autour du Palais national. Cette résistance, jugée décisive par plusieurs observateurs, a permis d’inverser le rapport de force et de rouvrir l’espace politique.

Depuis son arrivée à la tête de la PNH, le scénario a commencé à évoluer, selon ses proches collaborateurs. Si l’adversité criminelle persiste, elle ne progresse plus au même rythme. Dans certains secteurs, des reculs sont même observés. Le directeur général a tenu à clarifier un point délicat : « Si les enlèvements ne cessent pas totalement dans le pays, ce n’est pas par manque d’efforts de la PNH », a-t-il affirmé, signalant les limites structurelles de l’institution face à l’ampleur du phénomène. À Delmas, notamment, la vie reprend peu à peu, jusqu’au carrefour de l’aéroport, grâce à une présence policière renforcée et des opérations ciblées. Sur le plan opérationnel, la PNH affirme avoir neutralisé ou freiné plusieurs groupes armés, notamment dans l’Artibonite et d'autres zones sensibles. « Nous ne citerons pas de noms, a précisé le directeur, « mais notre présence est réelle et constante ». Autre point notable : depuis le changement de direction, les gangs ne publient plus de vidéos montrant du matériel de la PNH, une pratique autrefois utilisée pour humilier l’institution.

Un des axes prioritaires de cette nouvelle administration repose sur une formation adaptée des agents. De nombreux policiers et aspirants sont actuellement engagés dans des programmes spécifiques, conçus en fonction de la réalité sécuritaire du pays. Ces formations mettent l’accent sur les tactiques modernes, la réponse aux menaces asymétriques et la discipline opérationnelle. Faute de chars de guerre, la PNH mise sur des véhicules de transport de troupes et une meilleure coordination des unités. Conscient des attentes de la population, Vladimir Jonas André-Paraison ne cherche pas à maquiller la réalité : les défis restent considérables, les moyens limités, et la pression constante. Toutefois, un changement de dynamique est perceptible. Un nouvel état d’esprit s’installe au sein de la Police nationale, porté par la conviction que la bataille pour la sécurité est encore loin d’être perdue.


À la fin de la cérémonie, le message était clair : la PNH ne prétend pas avoir tout résolu en 100 jours, mais revendique une reprise progressive de l’initiative. Dans un pays profondément marqué par la violence des gangs armés, cet optimisme prudent représente, pour certains, un premier pas vers le rétablissement de la confiance. Il reste désormais à transformer ces signes positifs en résultats durables, capables de rassurer une population épuisée, mais toujours en quête de sécurité et de stabilité.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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