Invité au Journal de Radio Télé Galaxie, le lundi 3 novembre 2025, l’ancien maire de Saint-Marc, Paul Pollyx, a fermement critiqué la décision de transférer le commissaire divisionnaire Jacques Ader du département de l’Artibonite. Selon lui, ce départ affaiblit considérablement la lutte contre les gangs et compromet la sécurité de tout le departement. Dans un contexte de recrudescence de la violence dans la vallée de l’Artibonite, le porte-parole de l’organisation Konbit Balatibonit (KONBA) estime que cette mesure « incompréhensible » risque d’encourager les groupes armés. Il appelle les autorités à envisager la création d’une deuxième direction départementale de la Police nationale d’Haïti (DDA2) afin de renforcer la réponse sécuritaire face à la montée des violences.
Lors de son intervention dans la rubrique Directe 13 sur les ondes de 104.5 FM, Paul Pollyx a dénoncé avec fermeté le transfert du commissaire Jacques Ader. « Cette décision a eu un impact direct sur la sécurité au niveau de l’Artibonite », a-t-il affirmé, tout en rappelant que le commissaire Ader était l’un des rares responsables à bien connaître la géographie du département, ses dix communes du Bas-Artibonite et ses sept communes du Haut-Artibonite. « Il connaissait chaque zone, chaque foyer de gangs, et savait comment intervenir efficacement », a insisté M. Pollyx.
Selon lui, le départ du commissaire a créé un vide sécuritaire considérable. En effet, le haut du département, où il avait été affecté récemment, n’a pas bénéficié de son expérience en matière de stratégie policière. « Jacques Ader a passé vingt-quatre jours dans le Haut-Artibonite sans jamais pouvoir atteindre les zones où les gangs opèrent réellement. Ce n’était pas sa mission première, mais un désordre administratif qui l’a éloigné du terrain », a-t-il expliqué.
Toujours selon le porte-parole KONBA, Paul Pollyx a rappelé que Jacques Ader reste une figure respectée au sein de la Police nationale d’Haïti pour son engagement et son efficacité. C’est lui, dit-il, qui avait mené l’opération contre le redoutable chef de gang de Savien, Odma Louissaint, abattu le 13 janvier 2021 dans la vallée de l’Artibonite. « Ce jour-là, la population avait retrouvé espoir. La peur avait reculé. Jacques Ader a su prouver qu’Haïti pouvait vaincre ses démons quand la volonté existe », a-t-il souligné.
Pollyx estime que la présence de Jacques Ader dans le Bas-Artibonite aurait pu constituer un atout stratégique dans la lutte actuelle contre les gangs. « Si nous avions encore un directeur départemental comme Jacques Ader, nous aurions une longueur d’avance sur les criminels. L’aspect psychologique dans la lutte contre les gangs est très important, et il le maîtrisait mieux que quiconque », a-t-il ajouté.
Moins de 24 jours après la prise de fonction du commissaire divisionnaire Jacques Ader, celui-ci s’est retrouvé confronté à une situation explosive. En effet, l’ancien chef du Front de résistance de l’Artibonite en 2004, Wilford Ferdinand, alias « Ti Wil », a été tué le 16 septembre 2025 à Gonaïves, dans la localité de Canal Bois. À la suite de cet incident, les habitants du quartier de Raboto sont descendus dans les rues pour exiger le départ de Jacques Ader du département de l’Artibonite.
Afin d’améliorer la réponse policière, Pollyx plaide pour la création d’une Direction départementale 2 de la PNH (DDA2) dans le Bas-Artibonite, à l’image de ce qui existe déjà dans le département de l’Ouest. « Si les dirigeants ont vraiment la volonté de combattre les gangs, ils doivent installer une direction départementale dans le Bas-Artibonite. Cela permettrait une sécurité de proximité et une meilleure coordination des opérations », a-t-il soutenu.
Cette proposition, selon lui, vise à mieux adresser les foyers de violence et à rapprocher les forces de l’ordre des populations menacées. « Nous ne pouvons pas continuer à gérer un département aussi vaste avec une seule direction départementale basée dans le Haut-Artibonite. C’est inefficace et dangereux », a insisté l’ancien maire.
Il affirme détenir des informations selon lesquelles les groupes armés planifieraient d’éliminer les derniers bastions de résistance dans la commune de Montrouis avant de se diriger vers Saint-Marc. « Si Saint-Marc est tombé, c’est tout le Grand Nord qui sera menacé », a-t-il averti.
Un message direct aux haut dirigeants de l’État
face à cette menace, Paul Pollix appelle le directeur général de la PNH, le président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), ainsi que les ministres de la Justice et de l’Intérieur à agir sans délai. « La situation est explosive. Si rien n’est fait, Saint-Marc risque de devenir le prochain territoire perdu », a-t-il lancé.
À travers son intervention, Paul Pollyx ne s’est pas contenté de dénoncer, il a rappelé une évidence : sans stabilité sécuritaire, aucune élection ni réforme ne pourra voir le jour.
Arnold Junior Pierre
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