Lors de son intervention à l’assemblée générale des Nations Unies ce mercredi 24 septembre 2025, le président dominicain Luis Abinader a affirmé son soutien au projet de résolution des États-Unis et du Panama visant à transformer la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMAS) en une Force de Répression des Gangs (FRG).
Intervenant à la Tribune de l’Assemblée général de l’ONU, le chef d’Etat dominicain, Luis Abinader a déclaré que « la crise multidimensionnelle que traverse Haïti représente une grave menace pour paix et la sécurité République Dominicaine ainsi que toute la région .»
« Haïti est victime aujourd’hui d’une tragédie humaine sans précédent en proie à la violence extrême, à l’effondrement de ses institutions. Ce sont des bandes de criminels qui contrôlent le territoire et terrorisent la population », a-t-il déclaré .
Il a remercié le Kenya, la Jamaïque,le Belize, Guatemala, Salvador, les États-Unis et le Canada pour leur soutien à la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMAS) ainsi que tous les pays qui ont contribué au déploiement de cette force.
Toutefois, il a affirmé que la mission n’a pas encore atteint pleinement son objectif suite à un manque d’effectif et de financement. En ce sens, il dit appuyer fermement le projet de résolution présentée par les États-Unis et le Panama au conseil de sécurité de l’ONU et recommandée par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierres.
Tout en rappelant l’approche de la date d’expiration du mandat de la MMAS fixée au 2 octobre, Abinader a exhorté les membres du conseil à adopter dans les meilleurs délais cette résolution. Le président dominicain a lancé un appel en faveur de la garantie de la légitimité de l’ensemble du contingent.
La République Dominicaine presse les pays de l’Amerique Latine et des Caraïbes à soutenir la mission en Haïti tant sur les plans politique, opérationnel que financier. « Haïti est un pays de notre région nous devons partager cette responsabilité en tant que voisins », a déclaré Abinader.
En outre, il a souligné que la République Dominicaine continuera à renforcer la sécurité de son territoire et maintenir son régime national en matière de migration.
L’ambassadrice américaine par intérim, Dorothy Shea avait indiqué que les États-Unis et le Panama soumettraient un projet de résolution au Conseil de sécurité visant à créer la Force de répression des gangs et un Bureau d'appui des Nations Unies pour lui apporter un soutien logistique. Selon AP News, la force sera composée de 5 500 militaires et de 50 civils, rémunérés par des contributions volontaires. Cependant, il n’est pas précisé si le Kenya ou un autre pays fournirait des troupes ou des policiers.
La résolution autoriserait les membres de la nouvelle force à « mener des opérations antigang ciblées, indépendantes et basées sur le renseignement, afin de neutraliser, d'isoler et de dissuader les gangs qui continuent de menacer la population civile, de violer les droits humains et de saper les institutions haïtiennes ».
La nouvelle force assurerait également la sécurité des infrastructures essentielles, notamment l'aéroport, les ports, les écoles et les hôpitaux, ainsi que la police et les forces armées haïtiennes. Elle soutiendrait également les efforts haïtiens « pour lutter contre le trafic illicite et le détournement d’armes et de matériel connexe », a rapporté AP.
Ce projet a été embrassé par le gouvernement haïtien ainsi que la Communauté des Caraïbes (CARICOM). Le premier ministre Alix Didier Fils Aimé a estimé que cette évolution représente une avancée majeure dans la lutte visant à restaurer l’Etat de droit, la stabilité et la paix sur tout le territoire nationale ainsi que la protection de la communauté haïtienne. Le gouvernement haïtien et la CARICOM ont plaidé en faveur de l’adoption de la mise en œuvre de la transformation de la MMSS en cette force de répression.
Lundi dernier, le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau a exhorté, le conseil de sécurité des Nations Unies à adopter la résolution avant la fin du mandat de la MMAS, le 2 octobre prochain. «Il faudra environ six mois pour que le bureau d’appui des Nations unies pour Haïti (BUNAH) devienne opérationnel, période durant laquelle l’OEA continuera d’apporter un soutien logistique à la force, y compris pour le dédouanement, la fourniture d’équipements et un soutien limité à une base opérationnelle avancée » , selon un draft de ce document proposé par les Etats Unis et le Panama.
Il faut souligner que malgré la présence de cette force multinationale dans le pays la situation ne s’est pas améliorée. Aucun territoire n’a été récupéré, pire encore, d’autres ont été pris en otage par les gangs, des commissariats ont été à nouveau incendiés ou détruits par les assaillants. Cependant, le président Kényan William Ruto en marge de l’assemblée générale de l’ONU s’est félicité « des avancées » obtenues après quinze mois d’opérations.
Par: Daniella Saint-Louis
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