PubGazetteHaiti202005

Doutes sur les prochaines élections : le CEP poursuit l'activation de la machine électorale

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Malgré les incertitudes sur la tenue des prochains scrutins en Haïti, le Conseil électoral provisoire (CEP) continue de mettre en place les dispositifs techniques nécessaires. Un atelier de planification opérationnelle a eu lieu ce lundi 23 juin 2025, avec la participation de plusieurs partenaires nationaux et internationaux.

Le Conseil électoral provisoire (CEP) maintient le cap. Ce lundi 23 juin, un atelier de planification opérationnelle s’est tenu à Port-au-Prince pour évaluer le chemin parcouru et définir les prochaines étapes du processus électoral. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au processus électoral en Haïti et a réuni plusieurs personnalités importantes, notamment Joseph Gracien Jean, ministre délégué auprès du Premier ministre aux affaires électorales, Patrick Saint-Hilaire, président du CEP, des responsables de la sécurité, ainsi que des représentants d’organisations internationales comme l’envoyé spécial du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

L’atelier, selon les organisateurs, visait à réfléchir sur la suite des préparatifs électoraux, alors que les travaux engagés par le CEP arrivent à des étapes cruciales. Certains conseillers électoraux ont suivi les discussions en ligne, étant en mission dans les départements pour superviser les opérations sur le terrain.

Deux grandes activités sont actuellement en cours : la formation et l’évaluation des centres de vote dans neuf départements ainsi que partiellement dans l’Ouest, et la mise en place des structures déconcentrées par les différents conseillers électoraux. Au total, le CEP a répertorié 1 534 centres de vote sur l’ensemble du territoire. Les équipes techniques sont chargées de vérifier l’existence de ces centres, d’évaluer leurs besoins en matériels sensibles et non sensibles et de s’assurer que chaque section communale dispose au moins de deux centres de vote, comme l’exige la loi.

« Nous allons intensifier nos efforts dans l’Ouest dès la semaine prochaine, notamment sur les questions de sécurité », a précisé Patrick Saint-Hilaire, qui se dit satisfait des progrès réalisés jusqu’à présent. Questionné sur la capacité du CEP à organiser les élections, il a indiqué que la mission de l’institution est d’activer la machine électorale et de préparer un calendrier et un budget réalistes. Il a également mentionné qu’un projet de décret référendaire a été soumis, mais qu’il n’a pas encore été publié.

Patrick Saint-Hilaire a de nouveau souligné l’importance d’un climat sécuritaire pour la réussite des prochaines élections.

De son côté, le ministre délégué Joseph Gracien Jean a salué les efforts du CEP, notamment les visites de terrain pour évaluer les centres de vote. « Nous sommes sur la bonne voie vers l’établissement d’une nouvelle constitution », a-t-il affirmé. En réponse aux critiques de certains juristes sur la légitimité du processus constitutionnel, il a précisé que la rédaction d’une constitution n’est pas uniquement une affaire de juristes, mais qu’elle nécessite aussi les contributions d’experts qualifiés issus de divers domaines.

« Aucun secteur n’a le monopole des critiques. Tous les citoyens doivent s’exprimer sur cette question », a-t-il insisté. Quant à la publication du décret référendaire, le ministre estime que la décision revient désormais à l’exécutif, qui devra en débattre en Conseil des ministres.

Malgré les nombreuses incertitudes et les craintes d'une instabilité persistante, le CEP semble déterminé à poursuivre les préparatifs électoraux dans la discrétion, tout en sollicitant un appui sécuritaire renforcé pour permettre la tenue des scrutins.
Toutefois, plus d’un s’interroge : comment organiser des scrutins dans les zones rouges et les territoires désormais sous le contrôle des gangs ? Le dernier revers en date dans l’Artibonite, avec la prise de La Chapelle, ouvre la voie à la perte d’autres communes voisines, comme Verrettes et d’autres localités du Bas-Artibonite. 

Dans un pays où des milliers de personnes errent dans les rues, plongées dans une précarité extrême, le dilemme reste entier : comment concilier la tenue d’élections et d’un référendum avec les défis sécuritaires et la crise humanitaire grandissante ?

Wideberlin Sénexant

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