PubGazetteHaiti202005

Les membres du « 21 décembre » appellent les parties prenantes de l’accord du 03 avril à constater l’échec du CPT

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Les membres du « 21 décembre » expriment leurs plus vives préoccupations face à la dégradation de la crise multidimensionnelle qui affecte toutes les couches sociales du pays, quatorze mois après la signature de l’accord du 03 avril 2024, instituant le CPT.

Cet accord avait été signé à la suite des discussions du 11 mars 2024, en guise d’une solution à cette crise caractérisée par la violence aveugle des gangs armés qui contrôlent la quasi-totalité de la capitale et certaines villes de provinces.

La situation s’est détériorée, en dépit de la mise en place et la prise de fonction du conseil présidentiel de transition et de son gouvernement ayant pour mission prioritaire du rétablissement de la sécurité publique et nationale, redressement économique, réhabilitation des infrastructures, sécurité alimentaire et sanitaire, conférence nationale et question constitutionnelle, Etat de droit et justice et, finalement, tenue des élections, a rappelé le « 21 Décembre ».

Selon la plateforme politique, un an deux mois plus tard, le gouvernement de transition n’a rien fait pour améliorer les conditions de vies de la population civile, confrontée à des conditions de vie extrêmement difficiles dont la misère, la faim, la pauvreté et  meurtrie par les atrocités des bandes criminelles.

Pour étayer leurs préoccupations sur la situation lamentable du pays, les membres du « 21 décembre », instigateurs de la mise en place du CPT,  ont mis en avant le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme. Selon ce document,  moins 2.680 personnes ont été tuées entre le 1er janvier et le 30 mai 2025, dont 54 enfants et le nombre record de personnes déplacées s’élève à 1,3 million. 

En plus, sur le plan économique, selon l'Institut Haïtien de Statistiques et d'Informatique (IHSI), l'inflation se mesure à 26.8% en avril 2025, le taux de croissance est encore négatif au premier trimestre 2025 (soit -2.5%), et les investissements privés accusent une décroissance de -36.3% en 2025. Donc, conséquemment à l'asphyxie sécuritaire, s'ensuit l'asphyxie économique, poursuit le 21 décembre. 

Face à ce constat d’échec cuisant, dans une position unitaire, publiée le 15 juin 2025, les membres du « 21 décembre » appellent chacune des parties prenantes de faire un bilan objectif du processus politique mis en branle en vue de tirer les conclusions qui s'imposent, conformément aux intérêts supérieurs du peuple haïtien.

Il incombe à toutes les parties prenantes haïtiennes de s'asseoir en toute urgence, car, les indicateurs d'échec exposés plus haut appellent des réflexions, des projections et des concessions de la part de tout un chacun, a souligné le document du « 21 décembre », estimant que face à l'échec de la Transition conduite par un CPT plus que jamais dysfonctionnel, ayant sapé tout effort de cohésion nationale et, où les ambitions personnelles démesurées ont pris le pas sur le sens le plus élémentaire de responsabilité, les secteurs ont l'obligation morale et politique de se prononcer avec le plus grand courage patriotique, dans la perspective du redressement du processus, sous la médiation de la communauté internationale. 

En ce sens, ce regroupement politique représenté par Louis Gérald Gilles au CPT, dit attendre impatiemment la prochaine convocation des parties prenantes haïtiennes dans le cadre de la relance des discussions pour la réussite de la dernière étape de la transition.

Il faut dire que, la position unitaire « 21 décembre », intervient au moment où des représentants des secteurs politiques et de la société civile, signataire de l’accord du 03 avril 2024, ont été contactés, par le Groupe des éminentes personnalités (GPE) de la CARICOM dans la perspective de reprendre les négociations politiques.

L’information a été confirmée par l’un des membres du « 21 décembre » Me Michel André qui a pris sa distance au conseil présidentiel de transition. Il informe que les discussions vont démarrer, dans les prochains jours, arguant que cela permettra aux parties prenantes de faire un diagnostic de l’échec du CPT et de son gouvernement  et de prendre des décisions nécessaires  avec le soutien de la communauté internationale.

Il n’est pas nécessaire d’attendre le 7 février 2026 pour constater l’échec de l’actuel pouvoir de transition, a indiqué Michel André.

Léon Kersivil

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