Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 13 juin 2025, le Syndicat des Employés du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (SEMAST) a dénoncé avec vigueur l’absence de réponses institutionnelles face aux doléances des employés. Accusant le ministre George Wilbert Frank de complicité dans des actes de corruption et de mauvaise gestion, les syndicalistes appellent à une enquête de l’ULCC et réclament que justice soit faite pour les agents oubliés de l’État.
Dans la conférence de presse, le président du SEMAST Ernst Thélémaque s’est exprimé sur « des nominations, promotions, contrats, révisions salariales, et la rénovation des bureaux du ministère à travers le pays, qui dorment dans les tiroirs de l’administration depuis plus de dix ans ». « L’État fait semblant de ne rien entendre. Il se bouche les oreilles », a lancé Thélémaque.
Selon le syndicaliste, sous l’ancien ministre Pierre Ricot Wodné, une lueur d’espoir était née avec la création d’une task force composée de la Primature, de l’OMRH, du MEF et du MAST, qui avait initié l’exécution partielle de plusieurs nominations et promotions. Mais l’arrivée du nouveau gouvernement en juin 2024 a tout stoppé net.
Selon Dironville Erlick, porte-parole du syndicat, Frank aurait formé une alliance trouble avec certains hauts cadres du ministère pour détourner les fonds publics destinés aux travailleurs. Le SEMAST accuse George Wilbert Frank, ministre actuel des Affaires sociales, d’avoir trahi sa posture d’ancien syndicaliste.
Les syndicalistes pointent du doigt « une série de malversations comme des projets fictifs, des fonds détournés, des promotions non exécutées malgré des budgets alloués ». Le SEMAST dénonce également « la commercialisation de kits alimentaires dans les locaux du ministère ».
Le SEMAST interpelle directement le ministre sur plusieurs dossiers, tels que le budget de 34 millions de gourdes prévu pour le centre d’accueil de Carrefour, les fonds destinés à la rénovation de la direction centrale du ministère et à l’assistance des personnes déplacées internes.
Le syndicat exige aussi que lumière soit faite sur les paiements mensuels à des « contractuels fantômes », alors que d’anciens agents toujours en poste n’ont jamais été régularisés. Il rappelle que le Premier ministre Gary Conille, peu après sa prise de fonction, avait demandé au ministre de transmettre les dossiers déjà traités de promotions et nominations à la Primature. Selon le SEMAST, cette directive n’a jamais été suivie d’effet.
Face à ce qu’il qualifie de « cancer institutionnalisé », le SEMAST en appelle à l’intervention de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et réclame « une enquête en profondeur » sur l’utilisation des ressources publiques allouées au MAST.
Le syndicat invite par ailleurs les organisations de la société civile, les syndicats d’autres ministères, et les universitaires à se joindre à soutenir ses revendications.
Arnold Junior Pierre
- Log in to post comments


