Ce mardi 10 juin 2025, à l’occasion de la 12e édition des « Mardis de la Nation », Me Franck Lauture, ancien député et membre du Comité de pilotage pour la réforme constitutionnelle, a présenté les grandes lignes de l’avant-projet de Constitution. « Issu d’un vaste processus de consultation citoyenne à travers Haïti », ce document permet, selon lui, de rapprocher la démocratie des citoyens et de repenser la répartition des pouvoirs entre les institutions. Dans son intervention, Me Lauture a plaidé en faveur d’un « nouveau contrat politique, plus inclusif et plus équilibré ».
Me Franck Lauture, avocat, ancien député, a pris la parole au nom du Comité de pilotage de la Conférence nationale. Dans une allocution diffusée en marge de la 12e édition des « Mardis de la Nation », il a insisté sur la nécessité d’un rééquilibrage entre les différents pouvoirs de l’État. « L’un des objectifs majeurs, c’est d’empêcher les crises à répétition entre le Parlement et l’Exécutif », a-t-il déclaré.
L’avant-projet propose ainsi de renforcer le rôle du Parlement tout en instaurant des limites claires à l’action présidentielle. Pour Me Lauture, il s’agit de sortir du modèle hyper-présidentialiste qui a trop souvent paralysé les institutions haïtiennes.
L’avant-projet de Constitution de 2025 n’est pas l’œuvre d’un petit cercle d’experts, a rappelé le juriste. Il est le fruit, dit-il, d’un large processus de consultation. Divers secteurs de la vie nationale – société civile, secteur privé, universités, syndicats – ont été invités à faire entendre leur voix. « Je salue chaque citoyen, chaque institution qui a pris le temps d’envoyer ses propositions », a déclaré Me Lauture.
Le Comité de pilotage, mis en place par le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement, s’est donné pour mission de recueillir, traiter et intégrer ces recommandations dans un texte qui reflète les aspirations profondes du peuple haïtien.
Parmi les réformes annoncées, certaines visent explicitement à prévenir les blocages politiques. Me Lauture a évoqué l’introduction de mécanismes de médiation et de délais constitutionnels obligatoires pour la promulgation des lois votées. « Trop souvent, nos lois dorment dans des tiroirs pendant que le pays attend. Il faut que les règles soient respectées, sans exception », a-t-il martelé.
Ces propositions, selon lui, permettraient non seulement de fluidifier le travail législatif, mais aussi de réduire l’arbitraire dans l’exécution des décisions publiques.
Au-delà des ajustements institutionnels, le Comité souhaite rapprocher les citoyens de leurs représentants. Le projet constitutionnel envisage un renforcement de la représentation régionale au Parlement et la mise en place de comités consultatifs locaux. « Ce que nous voulons, c’est que les citoyens sentent qu’ils sont partie prenante du processus démocratique, pas de simples spectateurs », a affirmé Me Lauture.
Il estime que cette proximité permettra une meilleure compréhension des enjeux locaux et encouragera une participation plus active des populations dans la vie politique.
L’intervention de Me Lauture ne s’est pas limitée à une présentation technique du texte. Il a aussi lancé un appel à l’unité. « Le pays a besoin d’un nouveau pacte social. Il est temps de dépasser les divisions et de construire, ensemble, une base solide pour l’avenir », a-t-il insisté.
Pour lui, la Constitution de 1987 avait déjà fixé des objectifs à long terme en matière de développement politique et économique. Mais face aux réalités changeantes, une mise à jour s’impose. Le défi, désormais, est de convaincre la population d’adhérer à ce nouveau projet.
Arnold Junior Pierre
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