Objet de critiques depuis son inauguration, l’aéroport Antoine-Simon des Cayes a accueilli ce jeudi 12 juin 2025 un vol d’essai en provenance de Miami, opéré par la compagnie américaine IBC Airways. Une opération qui pourrait ouvrir la voie à une connection aérienne directe entre le sud d’Haïti et les États-Unis.
Brin d’espoir dans le ciel du Sud d’Haïti. Alors que les compagnies américaines évitent toujours l’espace aérien de Port-au-Prince, l’aéroport Antoine-Simon des Cayes se positionne comme une alternative crédible pour la reprise des liaisons internationales. Ce jeudi 12 juin 2025, un avion immatriculé N241-BC de la compagnie IBC Airways, parti de Miami, a atterri sur le tarmac des Cayes dans le cadre d’un vol d’essai.
Cette compagnie aérienne régionale basée en Floride est spécialisée dans le transport de passagers et de fret vers les Caraïbes. Elle opère principalement vers Cuba, la République dominicaine, les Bahamas, le Cap-Haïtien et désormais potentiellement Les Cayes. En août 2020, IBC Airways avait déjà marqué les esprits en Haïti avec un vol inaugural au Cap-Haïtien.
L’arrivée de l’appareil ce jeudi s’inscrit dans une stratégie plus large de décentralisation du trafic aérien haïtien. Rénové et inauguré le 5 mars 2025 par Leslie Voltaire, alors président du Conseil de transition, l’aéroport Antoine-Simon a vu sa piste prolongée à 1 850 mètres, permettant le passage de la catégorie 2B à 3B. Il peut désormais accueillir des avions transportant jusqu’à 80 passagers, contre une trentaine auparavant avec une piste de 1350 mètres .
Des aménagements intérieurs ont aussi été réalisés : agrandissement des comptoirs, installation d’un bureau pour l’immigration, d’un espace pour le Bureau de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS) et réhabilitation des installations de la PNH. Ces infrastructures rendent enfin possible l’accueil de vols internationaux réguliers dans le Sud.
En attendant la levée de l’interdiction de survol de Port-au-Prince par les avions américains — maintenue jusqu’au 8 septembre 2025—, la piste des Cayes attire l’attention. Sunrise Airways, compagnie locale encore active, effectue des vols de captation contournant Port-au-Prince depuis 2024 en raison de l’insécurité qui sévit dans les parages de l'aéroport international de Port-au-Prince pour l'option Cayes-Cap haïtien. Un nouvel accord avec l’État haïtien, appuyé par une garantie de 11 millions de dollars, lui a permis de reprogrammer des liaisons vers la capitale, dont les premières prévues même ce 12 juin. Mais les voyageurs restent critiques sur les prix et la qualité de service.
Ce vol d’essai réussi d’IBC Airways soulève donc de nombreuses attentes. Les regards se tournent désormais vers les compagnies comme JetBlue, Spirit Airlines ou encore American Airlines. Rejoindront-elles IBC dans cette démarche d’ouverture par le Sud ?
Pour la population locale, longtemps enclavée, ce premier atterrissage américain est bien plus qu’un test technique : c’est une promesse de reconnexion avec le monde.
Par Wideberlin Senexant
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