Le conseiller-president Leslie Voltaire avait annoncé la couleur dans un tweet tôt ce mercredi. Alors que le nouveau Secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, suggère d’ouvrir un dialogue avec les gangs armés pour rétablir la paix en Haïti, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) rejette fermement cette option, dénonçant une approche inacceptable face aux crimes commis contre la population.
Les récentes déclarations du Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, en faveur d’un dialogue avec les gangs armés pour ramener la paix en Haïti, ont suscité une vive réaction. D’abord rejetée par le conseiller présidentiel Lesly Voltaire, cette proposition est désormais officiellement désapprouvée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Dans une note rendue publique le 11 juin 2025, la Présidence haïtienne, par l’intermédiaire du CPT, a fermement exprimé son opposition à toute forme de négociation avec les auteurs ou complices des violences armées qui ravagent le pays. Cette position répond directement aux propos tenus par Albert Ramdin le 9 juin, qui n’avait pas exclu la possibilité d’un dialogue avec les groupes armés dans le cadre d’une solution pacifique à la crise sécuritaire.
Tout en saluant l’intérêt de l’OEA pour la situation en Haïti, le CPT rappelle que « la société haïtienne, dans toutes ses composantes, a durement souffert des conséquences de l’insécurité criminelle » et estime qu’il est « inconcevable de dialoguer avec ceux qui en sont les instigateurs ». Le Conseil souligne que ces actes « mettent en péril l’avenir même de la Nation ».
Pour répondre à l’urgence sociale, le CPT rappelle avoir procédé à la création d’ « une commission d’appui à la mise en place d’un réseau national de centre d’accueil et de maisons de rééducation en faveur des mineurs et des enfants soldats ». Cette initiative vise à leur offrir une alternative, tout en jetant les bases de leur réinsertion.
La Présidence réaffirme sa volonté de coopérer avec les institutions régionales et les États voisins pour reconstruire le tissu social haïtien et instaurer une paix durable. Toutefois, elle insiste : cela ne pourra se faire en négociant avec les criminels.
De son côté, Lesly Voltaire, conseiller au sein du CPT, avait réagi dès les premières déclarations d’Albert Ramdin :
« Je salue l’engagement du nouveau Secrétaire général de l’OEA, M. Albert Ramdin, en faveur d’une solution à la crise haïtienne. Mais je tiens à le dire avec fermeté : Haïti ne saurait envisager de dialogue avec des terroristes. Chaque jour, des policiers et des soldats tombent, laissant derrière eux des familles brisées. Des mères fuient leur maison, des enfants dorment dans la rue. On ne construit pas la paix en pactisant avec les terroristes. Notre devoir est de défendre la mémoire des morts, la dignité des vivants et l’espoir des jeunes. »
Il convient de rappeler que plusieurs gangs haïtiens, dont la coalition Viv Ansanm, ont été officiellement désignés comme groupes terroristes par les États-Unis le 2 mai dernier.
Par Wideberlin Senexant
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