PubGazetteHaiti202005

Leslie Voltaire rejette catégoriquement la déclaration du nouveau secrétaire de l’OEA «d’envisager des dialogues même avec les gangs » pour résoudre la crise haitienne 

@Gazette Haiti News

À travers une publication sur son compte X ce mercredi 11 juin 2025, le conseiller-président Leslie Voltaire a rejetté catégoriquement l’idée du nouveau secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA) Albert Ramdin d’envisager des dialogues, incluant les gangs pour résoudre la crise en Haïti .

Le conseiller-president Leslie Voltaire a réagi suite aux informations véhiculées laissant croire que le nouveau secrétaire général de l’OEA envisage l’idée d’un dialogue avec les gangs terrorisant la population haïtienne pour une sortie de crise. Il a salué « l’engagement du secrétaire Ramdin en faveur d’une solution à la crise haïtienne », mais dit s’opposer fermement à sa déclaration.

« Je salue l’engagement du nouveau Secrétaire général de l’OEA, M. Albert Ramdin, en faveur d’une solution à la crise haïtienne. Mais je tiens à le dire avec fermeté : Haïti ne saurait envisager de dialogue avec des terroristes » , a écrit le CP.

Rappelant les différents deuils causés par les gangs au sein de la population haïtienne, Leslie Voltaire refuse de pactiser avec les gangs.

« Chaque jour, des policiers et des soldats tombent, laissant derrière eux des familles brisées. Des mères fuient leur maison, des enfants dorment dans la rue. On ne construit pas la paix en pactisant avec les terroristes. Notre devoir est de défendre la mémoire des morts, la dignité des vivants et l’espoir des jeunes » , souligne t-il.

« Haïti veut un avenir fondé sur la justice, la sécurité et des institutions fortes. C’est la voie que nous suivrons, avec ceux qui partagent cette vision », a déclaré l’ex coordonateur du CPT.

Dans une publication sur le site de The Dialogue ce lundi 9 juin 2025, les crises politique et humanitaire en Haïti ont été débattues. Le nouveau Secrétaire général de l'Organisation des États américains Albert Ramdin, dans un entretien accordé à Jack Quinn du Conseil pour l'Amérique Latine de l'organisation continentale, a déclaré ce lundi que des discussions étaient nécessaires « avec la totalité ou la plupart des parties prenantes ». Il n'a pas exclu un dialogue avec les gangs qui contrôlent la quasi-totalité de la capitale du pays.

« Nous devons examiner si, d'une manière différente, nous pouvons gérer le contexte sécuritaire », a déclaré mardi Albert Ramdin, qui a pris ses fonctions de Secrétaire général le 30 mai. « L'une des solutions est, bien sûr, la force et la lutte contre les gangs et leurs activités illégales, mais l'autre consiste à tenter de pénétrer les gangs et leurs dirigeants , éventuellement par procuration », peut-on lire sur le site. 

 «Nous devons trouver un moyen de ramener les gangs à la normale », a-t-il déclaré.  « J'essaie de ne pas aller trop loin ; il est important que vous écoutiez d'abord les États membres », a-t-il ajouté.

Il faut rappeler que les groupes armés dans le pays ne cessent de multiplier leurs violences. Ils continue d’assassiner des personnes, d’incendier des maisons, des institutions privées et publiques  et provoquer une vague de déplacements forcés dans le pays. 

Selon l’Organisation des Nations Unies, ces derniers contrôlent 85% de la région métropolitaine. Cependant, ils continuent d’étendre leurs territoires. D’après un rapport  publié ce matin par l’organisation Internationale pour les Migrations, le nombre des personnes ayant fui leur domicile suite aux violences des gangs en Haïti s’élève à près de 1,3 million.  
Les attaques perpétrées la fin du mois de mars ont doublé le nombre de personnes déplacées en quelques mois seulement, passant d'environ 68 000 à plus de 147 000  dans les communes de Mirebalais et Saut-d’Eau  et ont haussé le nombre des personnes déplacées à Petite -Rivière de l’Artibonite à plus de 92 000.

La déclaration du nouveau secrétaire de l’OEA survient au moment où les gangs en Haïti sont désignés « d’organisations de territoires mondiales » par les États Unis et que Haïti fait partie de la liste des pays interdits d’entrer aux États-Unis pour « se protéger des terroristes étrangers ».

Le 9 juin dernier,  le bureau des affaires consulaires du département d’État américain a confirmé l’entrée en vigueur de la suspension totalement ou partiellement de l'entrée et la délivrance de visas aux ressortissants de 19 pays dont Haïti. 

« Nous protégeons notre nation et ses citoyens en appliquant des procédures rigoureuses de contrôle et de vérification de sécurité afin de garantir que les personnes autorisées à entrer ne mettent pas en danger la sécurité nationale ou la sûreté publique », a écrit le DEA. 


Par: Daniella Saint-Louis

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