PubGazetteHaiti202005

Fritz Jean critiqué pour sa gestion à la tête du CPT est allé s'essoufler à Pignon pour discuter de la sécurité de la région

.

C'est à Pignon, dans le département du Nord que le président du CPT Fritz Alphonse Jean est allé s'essoufler après avoir été l'objet de nombreuses critiques en raison de sa gestion jugée catastrophique de la transition. En effet, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié un communiqué ce mardi 10 juin 2025 rendant compte d’une visite de terrain effectuée à Pignon par Fritz Alphonse Jean, accompagné de l’agent intérimaire de Port-au-Prince, Youri Chevry. La délégation a pu écouter la population et recueillir les doléances relatives à l’insécurité, en particulier celle qui ravage depuis plusieurs semaines la commune voisine de Mirebalais

Selon le communiqué, le président du CPT a rencontré des représentants de la société civile de Mirebalais « dans le but d’écouter et de prendre en considération les doléances de la population face à la situation d’insécurité qui ravage la zone depuis plusieurs semaines ». 

Les discussions ont porté sur quatre axes de revendication que les autorités ont affirmé vouloir prendre en compte. D’abord, le rétablissement de la sécurité figure en priorité. Le président Jean a promis la mise en place de « mesures urgentes pour faciliter le retour des personnes déplacées chez elles », sans pour autant détailler la nature ou le calendrier de ces mesures.

Il a aussi été question du soutien à la Police nationale d’Haïti. Le président du CPT a déclaré vouloir « assurer le paiement régulier de tous les policiers qui travaillent sans relâche, de jour comme de nuit, pour sécuriser la population ». 

Le troisième point abordé concerne l’effondrement économique de Mirebalais. Le constat est alarmant : « La population de Mirebalais est entièrement décapitalisée. Il faut prendre des dispositions pour permettre aux familles et aux entreprises locales de se relever. » 

La reconstruction de la commune s’impose comme un point important. « Après les dégâts causés par les hommes armés, il faut mettre en place des mesures pour reconstruire la commune et la remettre sur la voie de la redynamisation économique », soutient le texte. Là encore, aucun calendrier, aucune enveloppe budgétaire, aucun plan technique n’est encore communiqué.

Au-delà de Mirebalais, le président Fritz Jean a tenu à élargir son propos à l’ensemble du pays, affirmant que « plusieurs mesures ont déjà été prises pour lutter contre la présence des hommes armés, tant à Port-au-Prince que dans les villes de province ». Cette affirmation, pourtant, tranche avec la perception largement partagée sur le terrain d’un État dépassé, en retrait, ou tout simplement absent.

Le président du CPT a également lancé un appel à la protection des infrastructures publiques essentielles, en particulier le barrage hydroélectrique de Péligre. « L’installation de Péligre appartient à tout le pays, et elle a coûté beaucoup de ressources à l’État. Même si la frustration est grande, nous devons la protéger », a-t-il déclaré, avant de rappeler que « l’État doit à ses citoyens protection, services et justice ».

Cette visite se réalise dans un contexte tendu. Ce week-end, Fritz Alphonse Jean s’était exprimé dans la presse pour dénoncer certaines pratiques liées à la gouvernance du pays. Cette sortie, inhabituelle, a provoqué des remous dans les cercles du pouvoir. Des conseillers pour rétorquer ont laissé entrevoir des tensions bien plus profondes. Le conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire a même publié un message énigmatique sur les réseaux sociaux, interprété comme un signe manifeste du malaise qui ronge le collège présidentiel. 

 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

Category

Politique

Culture

Economie

Sport