PubGazetteHaiti202005

Interdiction d’entrée aux États-Unis pour certains ressortissants : Amnesty International dénonce une mesure discriminatoire

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Dans un communiqué publié ce jeudi 5 juin 2025, Amnesty International condamne vivement le nouveau décret migratoire de Donald Trump, qui interdit l’entrée aux ressortissants de plusieurs pays à majorité noire ou musulmane. L’organisation y voit une politique fondée sur la discrimination raciale et une grave atteinte aux droits des personnes en quête de protection.

Amnesty International tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans la déclaration publiée ce 5 juin 2025 sur son site Web, l’organisation de défense des droits humains réagit vivement au nouveau décret migratoire signé par Donald Trump. Cette mesure interdit l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays, dont l’Afghanistan, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, le Myanmar, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Une interdiction partielle concerne également sept autres pays.

Pour Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, ce décret constitue « une attaque frontale contre les droits humains ». Selon elle, « cette interdiction de voyage est discriminatoire, raciste et d’une cruauté inouïe ». Elle souligne que la mesure cible spécifiquement des populations à majorité noire, brune ou musulmane, ce qui constitue une forme de discrimination raciale au regard du droit international.

L’organisation pointe également les conséquences humaines dramatiques d’un tel décret. En interdisant à des milliers de personnes fuyant la guerre, les persécutions ou les violations massives des droits humains de trouver refuge aux États-Unis, Washington viole, selon Amnesty, ses engagements internationaux, notamment en matière de protection des demandeurs d’asile.

Agnès Callamard estime que ce décret n’a rien à voir avec la sécurité nationale. « Il ne fait que répéter les mesures xénophobes et racistes déjà mises en place lors du premier mandat de Trump », a-t-elle déclaré, dénonçant une stratégie politique fondée sur la peur, la désinformation et la stigmatisation des populations étrangères.

Amnesty International rappelle que les actions menées par l’ancien président, telles que la séparation des familles, les expulsions massives ou encore la détention de migrants pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, ont déjà mis des millions de personnes en danger aux États-Unis. Cette nouvelle interdiction de voyage ne fait, selon l’organisation, qu’aggraver une politique migratoire déjà marquée par la brutalité et l’injustice.

« Les communautés s’épanouissent lorsque les gouvernements garantissent la sécurité de toutes et tous, indépendamment de leur origine, de leur religion ou de leur nationalité », conclut Amnesty International, réaffirmant son engagement à défendre la dignité humaine et à promouvoir l’accueil des migrants comme une richesse pour la société.

 

Par ailleurs, face à cette nouvelle mesure de l’administration Trump, des voix s’élèvent dans les pays concernés. Le Congo et Haïti privilégient le règlement à l’amiable par le dialogue, tandis que le gouvernement du Tchad frappe fort. Il a reçu instruction d’agir conformément aux principes de réciprocité, en suspendant l’octroiement des visas aux citoyens des États-Unis. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby martèle sur Facebook : « Le Tchad n’a ni des avions, ni des milliards de dollars à donner, mais le Tchad a sa dignité et sa fierté. »

 

 

 

Par Wideberlin Sénexant

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