Dans un communiqué publié ce 4 juin, l’Organisation des Nations Unies tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation des violences sexuelles perpétrées par des gangs en Haïti et réclame une réponse urgente.
La recrudescence alarmante des violences sexuelles en Haïti, notamment dans les zones contrôlées par des gangs, suscite l’indignation de l’Organisation des Nations Unies. Dans un communiqué officiel daté du mardi 4 juin, Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée des violences sexuelles en période de conflit, a lancé un appel pressant pour une mobilisation immédiate de la communauté internationale.
Selon Mme Patten, les signalements de viols et de viols collectifs se multiplient depuis le début de l’année dans un climat d’insécurité croissante. « Ces crimes odieux sont majoritairement concentrés dans les zones sous contrôle des gangs, où la présence de l'État est quasiment inexistante », déplore-t-elle. La violence sexuelle y est souvent utilisée comme une arme pour soumettre, terroriser et punir les populations locales.
Les victimes, principalement des femmes et des jeunes filles, sont agressées chez elles ou dans des lieux publics. Des cas d’esclavage sexuel ont également été documentés sur les huit derniers mois, illustrant l’ampleur de la crise. Par ailleurs, d'autres crimes comme les enlèvements et les meurtres accompagnent ces exactions.
Face à cette situation dramatique, la Représentante spéciale insiste sur l’urgence d’une action concertée. Elle appelle au déploiement rapide de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, dirigée par le Kenya, pour épauler les forces de sécurité haïtiennes. Elle exhorte aussi à renforcer les sanctions de l’ONU contre les gangs, notamment en s’attaquant au trafic d’armes qui alimente leur pouvoir de nuisance.
Sur le terrain, les violences provoquent également des déplacements massifs de population. Des milliers d’Haïtiens fuient les zones de conflit, se retrouvant dans des abris précaires sans accès adéquat aux soins médicaux ou à l’assistance psychologique. « Le système de santé est au bord de l’effondrement, et les établissements ferment les uns après les autres à cause de l’insécurité », souligne Mme Patten.
Des efforts de rétablissement de l’état de droit sont néanmoins en cours. Elle salue notamment l’adoption d’un décret instituant deux unités judiciaires spécialisées, dont l’une se consacrera aux crimes de masse, y compris les violences sexuelles. Elle appelle le gouvernement haïtien à accélérer la mise en œuvre de ces structures et la communauté internationale à les soutenir activement.
« Il est essentiel d’obtenir un financement adéquat pour permettre aux prestataires de services de répondre aux besoins des survivantes – qu’ils soient médicaux, psychologiques ou liés à leur réinsertion », conclut-elle. Pour l’ONU, briser le cycle de l’impunité est une condition sine qua non pour restaurer la dignité et la sécurité des femmes et des filles haïtiennes.
Par Wideberlin Sénexant
- Log in to post comments


