La tension monte entre les employés du Centre national des équipements (CNE) et le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), alors que les agents réclament le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire. Le ministre Raphaël Hosty, interrogé sur le sujet, a réaffirmé la position du gouvernement sur la dissolution du CNE, tout en précisant que près de 1 000 employés n’avaient jamais signé de contrat formel avec l’institution. Cette absence de documentation rend, selon lui, toute régularisation salariale particulièrement difficile. « Un audit approfondi des dossiers est nécessaire avant d’envisager un quelconque versement », a déclaré le ministre, sans toutefois s’engager sur une issue concrète pour les travailleurs concernés.
Lundi 2 juin 2025, un groupe d’environ une dizaine d’employés du CNE a tenu un sit-in devant le siège du MTPTC, situé à Delmas 33. Leur protestation, marquée par l’installation de pneus enflammés et la construction de barricades, traduit la colère grandissante face au non-paiement de près de dix mois de salaires. Ces employés dénoncent une précarité insoutenable, alors que certains d’entre eux n’ont jamais perçu leur dû.
Interrogé le mardi 3 juin lors des « Mardis de la Nation », le ministre Raphaël Hosty a indiqué que le dossier des employés était en cours d’analyse au ministère des Finances. Il a cependant rappelé que le CNE était considéré comme une structure dissoute, une décision prise en Conseil des ministres. « Le CNE est une page déjà tournée », a-t-il affirmé, soulignant l’arrêt officiel des activités de cette institution.
Le ministre a également précisé que près de mille employés du CNE n’avaient jamais signé de contrat formel. Cette situation administrative complexe complique toute régularisation salariale. Il a insisté sur la nécessité d’un audit approfondi des dossiers pour envisager un paiement éventuel. Toutefois, aucune promesse concrète n’a été faite aux agents en grève.
Dans ses propos, Raphaël Hosty a évoqué une collaboration régulière avec la direction générale du CNE, tout en laissant entendre que certains dysfonctionnements subsistent. « Nous avons l’habitude de fonctionner avec le directeur général du CNE, même s’il y a parfois des pratiques douteuses », a-t-il déclaré, sans nommer précisément ces « petits arrangements ».
Il convient de rappeler que l’ex-Premier ministre Garry Conille avait transféré la gestion des équipements du CNE au ministère de la Défense nationale. Depuis, les employés du CNE étaient censés être intégrés soit dans le personnel du ministère de la Défense, soit dans celui du MTPTC. Cette situation a engendré une certaine confusion et un flou administratif pour les agents concernés.
Cette mobilisation reflète une crise plus profonde dans la gestion des ressources humaines au sein des institutions publiques haïtiennes. Le non-paiement prolongé des salaires plonge des centaines de familles dans la précarité et questionne l’efficacité des mécanismes de gestion.
L’audit évoqué par le ministre Hosty apparaît comme une étape incontournable, mais il suscite également une grande inquiétude parmi les employés qui craignent d’être oubliés ou écartés. « Nous demandons simplement ce qui nous revient de droit. Nous avons travaillé pendant des mois sans être payés, il est temps que l’État nous reconnaisse », témoigne un employé sous couvert d’anonymat.
Pour l’instant, les employés du CNE maintiennent leur position et annoncent la poursuite de leurs actions jusqu’à obtention d’une réponse claire. Le ministère, de son côté, reste prudent et ne s’engage pas sur un calendrier précis.
Le bras de fer entre le MTPTC et les agents du CNE illustre les défis persistants liés à la réforme des structures publiques en Haïti. La résolution de cette crise est attendue avec impatience par tous, car elle impacte directement la vie de nombreux travailleurs et leurs familles.
Arnold Junior Pierre
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