PubGazetteHaiti202005

Hôpital Général : Louis Gérald Gilles annonce une réouverture provisoire à Canapé-Vert, sans préciser une date

Louis Gérald Gilles, CP

Dans une capitale haïtienne minée par l’insécurité, les autorités sanitaires tentent de maintenir l’accès aux soins pour une population abandonnée. En l’absence de garantie sécuritaire, l’Hôpital Général, fermé depuis février 2024, reprendra ses activités à Canapé-Vert. Une décision annoncée par le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles, sans qu’aucune date officielle ne soit avancée pour un retour dans ses locaux initiaux.


Alors que les balles remplacent trop souvent les battements de cœur dans les rues de Port-au-Prince, une nouvelle porte s’ouvre, timidement, pour le plus grand centre hospitalier public du pays. Fermé depuis plus d’un an en raison de la montée de la violence armée, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), également connu sous le nom d’Hôpital Général, reprendra partiellement ses activités dans un site provisoire à Canapé-Vert.


C’est le conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles qui a officialisé cette annonce ce mercredi 28 mai 2025, au micro de nos rédacteurs. Selon lui, cette relocalisation est temporaire et ne concerne que les services fondamentaux ( l’hôpital général ne sera pas relocalisé au Canapé-Vert, c’est quelque chose de provisoire, en français », a-t-il précisé, insistant sur le fait que le but est d’assurer une continuité minimale de soins, en attendant de pouvoir réintégrer les locaux de la rue Sainte-Honoré.

Depuis sa fermeture le 29 février 2024, en pleine intensification de la crise sécuritaire, le HUEH manquait cruellement au système sanitaire du pays. D’autant plus que les autres infrastructures hospitalières peinent à répondre à la demande croissante. L’Hôpital Universitaire de La Paix, situé à Delmas 33, est déjà saturé. Quant à l’Hôpital Éliazar Germain, seul établissement public de Pétion-Ville, il est dépassé. « il est important d’ouvrir un hôpital, bien que c’est provisoire, afin de donner l’accès au soin à la population », a déclaré M. Gilles.

Ce transfert intervient après une tentative de réouverture avortée. En effet, le 24 décembre 2024, une fusillade survenue dans et aux abords de l’Hôpital Général a fait plusieurs victimes, dont un policier et deux journalistes, transformant un espoir de reprise en nouvelle tragédie nationale. Cet épisode sanglant a profondément choqué l’opinion publique et illustré l’ampleur du chaos régnant à Port-au-Prince.


Malgré ce climat alarmant, le conseiller présidentiel garde une posture optimiste. Il évoque la nécessité de reconstruire le centre-ville de la capitale, dont la revitalisation inclurait une réhabilitation complète de l’Hôpital Général. « il ne nous reste pas beaucoup de temps avant de retourner dans les locaux à la rue Sainte-Honoré », affirme-t-il. 

Dans ses déclarations, M. Gilles estime qu’un retour progressif à la sécurité pourrait être envisageable avant 7 février 2026, date qui marquera la fin prévue de la période de transition politique actuelle. Mais à la question de savoir qui assurera réellement cette sécurité, sa réponse reste floue.

Par ailleurs, le gouvernement haïtien a décidé de recourir à des moyens controversés. Depuis mars 2025, selon le New York Times, des drones armés auraient été déployés sur le territoire haïtien par la société militaire privée Blackwater, fondée par Erik Prince. 


Ce partenariat avec le célèbre entrepreneur militaire viserait à affaiblir les groupes criminels qui ronge Haïti depuis des années. Aucune information n'a été officiellement annoncée.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

Politique

Culture

Economie

Sport