PubGazetteHaiti202005

Haïti/insecurité: plus de 1600 personnes tuées durant le premier trimestre de l’année, selon le BINUH

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Au moins 1 617 personnes ont été tuées et 580 autres ont été blessées du 1er janvier au 31 mars 2025. Ces homicides et ces blessés ont été enregistrés lors des violences des gangs, des groupes d'autodéfense, des membres non-organisés de la population, ainsi que dans des opérations de la Police Nationale d'Haïti (PNH), selon un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).

Le premier trimestre de l’année 2025 a été marqué par des actes de violence. Des cas d’assassinats ont été enregistrés à travers les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH)  a recensé au moins 1 617 meurtres et 580 blessés dans le cadre de la violence des gangs et des groupes d'autodéfense et des membres non-organisés de la population, ainsi que des opérations de la Police nationale d'Haïti (PNH). La majorité des personnes tuées sont des hommes, représentant 85% des victimes, les femmes 13% et les enfants 2%.

Parmi les personnes tuées figurent plus de 900 membres de gang.

Durant cette même période au moins 161 personnes ont été enlevées contre rançon par les gangs, dont 63% dans le département de l'Artibonite, 35 % dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et les 2% dans le département du Centre.

Les violences sexuelles contre les filles et les filles n’ont pas cessé au cours des trois premiers mois de l’année. Ils ont persisté dans les quartiers de la capitale haïtienne contrôlés par les gangs.  333 victimes  dont 294 femmes, 38 filles et un homme ont été recensés. Ce nombre représente une augmentation de 254 pour cent par rapport au trimestre précédent, rapporte le BINUH.

Des personnes ont été tuées dans des attaques perpétrées par des gangs dans des quartiers de la capitale haïtienne, à savoir Delmas 30, Tabarre 27, des quartiers de la commune de Pétion-Ville, du département de l’Artibonite, dans les communes de Mirebalais, Saut-d’Eau, Léogâne entre autres.


1 041 229 déplacés internes ont été enregistrés dans le pays jusqu’au 31 mars 2025, soit 48% de plus par rapport à l'évaluation précédente, menée en septembre 2024.

Le BINUH a rappelé que des bâtiments des institutions sanitaires, des hôtels, des médias ont été saccagés, vandalisés et incendiés par les gangs armés. Au moins 936 habitations et autres bâtiments publics et privés, dont un hôpital et trois écoles été la cible des gangs, indique t-il dans ce rapport.

Suite aux actes de violence qui se multiplient dans le pays, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti exhorte la communauté internationale à maintenir Haïti sur l'agenda international et accélérer le déploiement complet de la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS), conformément aux normes et standards en matière de droits de l'homme, telle que prévue par la résolution 2699 (2023) du Conseil de sécurité des Nations unies. Il appelle les États de la région  à renforcer et augmenter le nombre des inspections des cargaisons à destination d'Haïti sur leur territoire, y compris dans les ports maritimes et les aéroports, conformément résolutions 2653 (2022) et 2752 (2024) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui impose un embargo sur les armes.

Quant au gouvernement haïtien, il l’exhorte à accélérer l'installation des pôles judiciaires spécialisés pour lutter contre les crimes de masse, y compris les violences sexuelles, et les crimes financiers; Accélérer  la mise en œuvre effective du processus de vetting au sein de la police et traduire en justice les policiers accusés d'être impliqués dans des violations graves des droits de l'homme ; Mettre  en place un programme de réhabilitation et de réinsertion des mineurs impliqués dans les gangs avec le soutien de la communauté internationale.

 

 

 

 

Par: Daniella Saint-Louis

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