Dans un communiqué de presse publié ce mardi 29 avril 2025, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a formellement rejeté les informations publiées par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), qui accuse les neuf membres du Conseil de dépenses excessives à la charge du trésor public. Tout en saluant le travail des organisations engagées dans la lutte contre la corruption, le CPT a dénoncé ce qu’il qualifie de « chiffres gonflés, voire inexacts », mais n’a fourni aucun contre-chiffre officiel pour appuyer sa position.
Le rapport du RNDDH, à l’occasion du premier anniversaire de l’installation du CPT, dresse un bilan cinglant : selon cette organisation, les membres du Conseil Présidentiel coûtent à l’État haïtien près de 93,5 millions de gourdes par mois, soit 1,122 milliard de gourdes sur une année. Une somme jugée astronomique, d’autant plus que le Conseil n’a, selon le rapport, respecté aucun des engagements pris lors de sa prise de fonction, notamment en matière de sécurité, de réforme constitutionnelle et d’organisation d’élections.
Le rapport détaille une ventilation des frais mensuels alloués aux membres du Conseil : Salaire : 225 000 gourdes; Frais de fonctionnement : 75 000 gourdes; Frais de deuxième résidence : 400 000 gourdes; Carte de téléphonie : 500 000 gourdes; Frais d’intelligence : 4 500 000 gourdes; Frais de carburant : 300 000 gourdes; Carte de débit : 2 500 000 gourdes; Frais pour conjoint(e) : 500 000 gourdes; Frais pour remplir le réfrigérateur : 75 000 gourdes; Frais de nourriture : 925 000 gourdes
À cela s’ajoutent, selon le RNDDH, des frais pour petit-déjeuner et déjeuner estimés à 350 000 gourdes, ainsi que des primes spéciales versées lors des fêtes religieuses ou patronales, comme les récentes fêtes pascales où les conseillers auraient chacun perçu entre 3 et 5 millions de gourdes.
Le RNDDH indique également que les membres du CPT ont effectué au moins 15 voyages à l’étranger en 12 mois, accompagnés parfois de délégations allant jusqu’à 15 personnes. Pour chaque déplacement, 5 000 dollars américains sont octroyés en frais de représentation et 1 000 dollars par nuitée, sans compter les billets d’avion, l’hébergement, les frais de transport et de restauration de toute la délégation, aux frais de l’État haïtien.
Dans sa réponse, le Conseil Présidentiel n’a pas abordé les chiffres évoqués par le RNDDH. Il s’est contenté de rappeler que son budget représente une pondération de 1,7 % du budget rectifié pour l’exercice 2024-2025, chiffre qu’il présente comme modeste. Il n'a pas non plus détaillé les montants affectés à chacun des membres du Conseil.
Le CPT n'a pas précisé ses dépenses. Il les inclut dans le budget global du Palais national, en évoquant notamment les frais liés à la sécurité présidentielle, le fonctionnement de la Villa d’Accueil. Cependant, aucun chiffre précis n’a été donné comme base pour contredire ou infirmer ceux avancés par le RNDDH.
Dans un contexte de violence généralisée, de crise institutionnelle et de pauvreté endémique, ces révélations ont provoqué un choc dans l’opinion publique.
Il est important de rappeler que dans le budget rectificatif dit « de guerre », le budget de la présidence a été revu à la hausse avec un crédit budgétaire de Trois milliards six cent quatre-vingt-seize millions six cent soixante-sept mille quatre-vingt-une gourdes ( 3, 696 667,081), soit une augmentation de 483 millions de gourdes par rapport au budget préalablement adopté.
Par: Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


